L’automatisation de l’industrie française reste inférieure à la plupart de ses voisins européens (Allemagne, Suisse, Belgique, Italie…), selon une étude menée par la Fédération Internationale de la Robotique en 2022. Avec son robot de service, Ipsum Tek entend progressivement pallier le retard des TPE/PME. Fondée en 2020 par Bernard Froment qui la préside (il a notamment participé à l’aventure du robot d’assistance Buddy pour les enfants en situation de handicap), l’entreprise d’Avignon a dévoilé, au mois de mars, sa dernière innovation, Flex Cruiser, à l’occasion des Trophées de l’hypercroissance organisés par Rise Partners.
Un robot pour accompagner l’industrie 4.0
S’affichant "made in France" pour la majorité des pièces qui le constituent, l’équipement, doté de caméras, de lidars, de capteurs et d’intelligence artificielle pour se déplacer en toute autonomie, découle des travaux de R & D menés sur le prototype "Onyro" pour l’hôtellerie. Il comprend des bras et plateaux pour servir les clients dans leur chambre, dresser une table, et a été présenté au salon Vivatech 2024. Sa déclinaison future est envisageable dans les établissements pour personnes dépendantes. "Nous pouvons concevoir et installer des modules spécifiquement adaptés à l’usage qui en sera fait pour le transformer en ange gardien, indique Manuel Silva, directeur commercial et financier. Mais notre objectif aujourd’hui, quand on parle d’Industrie 4.0, est de contribuer à la robotisation des usines et à la réindustrialisation du pays. Notre Flex Cruiser peut porter des colis de 20 kg, de 100 kg et d’ici l’automne, nous lancerons un robot apte à porter 500 kg. D’ici 2027, l’idée est de parvenir à un modèle avec fourches pour transporter des palettes".
Des modules adaptables aux besoins
Ipsum Tek défend sa différence face à des sociétés américaines et asiatiques. "Nos concurrents visent plutôt de grandes entreprises. Pour un coût plus accessible, deux à trois fois moins cher tout en étant conçu en France, des PME pourront libérer des salariés de tâches chronophages et éprouvantes pour des missions plus valorisantes", explique le dirigeant.
Ipsum Tek espère rapidement gagner des parts de marché. Employant 7 collaborateurs, elle recrute pour étoffer son bureau d’études. "Nous souhaitons aider les entreprises à passer en revue tous leurs points faibles afin d’intégrer à notre plateforme robotisée les fonctionnalités les plus appropriées pour leurs besoins, poursuit-il. Ce robot, par exemple, en se déplaçant dans les locaux, peut détecter si un salarié ne porte pas ses équipements de protection individuelle, si une flaque d’eau peut être dangereuse, repérer aussi le bruit inhabituel d’une machine et déclencher une alerte en prévention de son dysfonctionnement… ".
L’entreprise s’est dotée d’un réseau de distribution pour accélérer sa prospection de clients. "Les produits sont prêts", assure Manuel Garcia. Après un appui initial de Bpifrance et une collecte réussie en financement participatif en 2024, une levée de fonds plus conséquente est en vue.