L'entreprise fondée à Caen en 2009 par des anciens cadres dirigeants de NXP s'est trouvé un nouvel actionnaire : le fabricant japonais de composants électroniques Murata. Une opération dictée par la sortie programmée des actionnaires historiques de l'entreprise, essentiellement des fonds d'investissement technologiques ainsi que le fonds régional normand NCI. Ce rachat, explique Franck Murray, le dirigeant de IPDIA, permet à Murata de se positionner sur une technologie innovante dans le domaine des composants passifs qui fait aujourd'hui l'ADN de la société normande. « IPDIA fabrique et commercialise des composants dits passifs, mais avec des technologies de semi-conducteurs, ce qui leur donne leur donne un certain nombre d'éléments différenciant notamment en termes de miniaturisation, de performance ou encore de fiabilité ».
40 % du CA dans le médical
La société caennaise qui emploie actuellement 130 collaborateurs devrait réaliser pour 2016 un chiffre d'affaires de l'ordre de 18 millions d'euros. « Un chiffre en progression de près de 25 % par an depuis 2012 », explique son dirigeant. « Dans notre approche commerciale, nous avons dès le départ identifié les secteurs dans lesquels notre technologie pouvait apporter une vraie valeur ajoutée ». Aujourd'hui, 40 % de l'activité de IPDIA est réalisée pour le compte de fabricants d'appareils médicaux implantables. Domaine où la miniaturisation est un enjeu majeur.
L'avenir d'IPDIA passera par les smartphones
La « technologie » IPDIA est également appréciée dans le domaine des infrastructures réseaux et notamment chez les fabricants de modules de transmission, ainsi que dans les industries où le silicium permet de travailler sous haute température, comme l'automobile ou la prospection pétrolière. Mais l'avenir de la société normande pourrait se jouer dans l'univers des téléphones mobiles « où les fabricants recherchent des processeurs de plus en plus rapides et de plus en plus miniaturisés », explique Franck Murray. IPDIA devrait d'ailleurs dès la fin 2017 enregistrer des volumes de production importants dans ce domaine. Tournée résolument vers l'export, IPDIA réalise actuellement près de 90 % de son chiffre d'affaires à l'international, essentiellement aux États-Unis et en Asie. Le Japonais Murata, « qui ne dispose pas de site de production équivalent en Europe », rappelle Franck Murray, compte aussi bénéficier des partenariats européens noués par IPDIA dans le domaine de la recherche.