Investissements : Les projets restent soutenus en Alsace
# Investissement

Investissements : Les projets restent soutenus en Alsace

Après avoir été retardés par la conjoncture, les projets d'investissements sont repartis en Alsace. L'objectif : anticiper des croissances de marchés, accompagner des innovations et remettre l'outil industriel au goût du jour.

Les chiffres sont très éloignés l'un de l'autre, mais ne recouvrent pas exactement la même échelle de temps. Dans le Bas-Rhin, l'Adira annonce un volume d'investissements décidés pour 2011 de l'ordre de 120millions d'euros à fin septembre. Du côté du Haut-Rhin, il s'élève à environ 345millions d'euros selon le Cahr, mais à plus long terme et avec les impacts significatifs deux projets phares portés par Liebherr à Colmar (80millions pour une troisième usine) et par PSA à Mulhouse (sans doute autour de 50millions pour l'implantation de l'appareil de production de la JV avec BMW). Moins de très gros chèques en perspective dans le Bas-Rhin -en tout cas pas encore entérinés-, mais une kyrielle de projets qui font dire à Frank Becker, directeur adjoint de l'Adira, que l'année 2011 pourrait toutefois se solder par une mise globale des entreprises proche des 200millions d'euros. Un chiffre qui fait de 2011 une bonne année, «avec des investissements plus élevés que d'habitude», témoigne -t-il.




Rattrapage et conquête de marchés

En fait, outre le nécessaire rattrapage du retard en termes d'investissements industriels après la crise de 2008-2010, les dirigeants ont aussi mis la main au portefeuille pour partir à la conquête de nouveaux marchés. Notamment les patrons des grands groupes, Français ou étrangers, qui font le pari de l'Alsace pour se développer. «Mais attention», avertit le responsable, «il s'agit principalement d'investissements endogènes, à partir de sites existant». L'Alsace, au même titre que le reste de l'Europe, peine à séduire de nouveaux intervenants extérieurs (Lire ci-contre). Soit. Alors autant conserver ce qui est déjà en place: «La plupart de ces investissements permettent de préserver l'emploi avant de le développer», confirme-t-il. «La majorité des projets que nous suivons sont le fait d'entreprises dégageant une très forte valeur ajoutée, très efficaces en matière de compétitivité hors prix», ajoute Jean Simon, directeur général du Cahr.




Diversité des investissements

La région peut également se targuer d'une certaine diversité dans les investissements qui ont été réalisés, actés ou qui sont prévus à moyen terme. Dans l'industrie, bien sûr, mais aussi dans l'énergie, la santé, la distribution, l'agroalimentaire, la logistique et même la chimie! Un bon père de famille ne voulant pas mettre tous ses oeufs dans le même panier n'aurait sans doute pas fait mieux. Agrandissements de sièges, d'usines, modernisation des équipements de production ou de formation, à peu près toute la panoplie est représentée. Pour preuves, Merck-Millipore qui vient de s'offrir un centre de recherche et d'excellence à Molsheim pour 2,5millions d'euros, ou Jus de fruits d'Alsace qui vient d'engager 15millions d'euros pour développer un transstockeur à Sarre-Union. À Sélestat, c'est la Salm qui a lancé cet été un projet d'extension de 20millions d'euros de son usine pourtant mise en service il y a deux ans. Sans oublier non plus le projet de centrale d'énergie géothermique de Roquette, à Beinheim, qui va mobiliser 44millions d'euros dans les années à venir de la poche de l'amidonier, de la Caisse des dépôts et d'Électricité de Strasbourg. À noter encore, dans le commerce, la sortie de terre du village de marques de Roppenheim,pour100 millions d'euros, prévue au printemps prochain.




Nivellement par le haut

Dans le Haut-Rhin, outre les deux projets phares soulignés plus haut, plusieurs industriels sont actuellement engagés ou terminent des investissements qui, sans représenter les sommes attendues chez Liebherr ou PSA, ne sont pas négligeables. Chez DuPont de Nemours, à Cernay, ou chez Millenium, à Thann, pour industrialiser de nouveaux produits et conquérir de nouveaux marchés. Ou encore chez Ricoh, à Colmar où l'entreprise vient d'injecter 3,5millions d'euros pour ériger un nouveau bâtiment destiné aux activités toner et photocopieur, qui devrait être livré en février prochain. Sans oublier Wolfberger, qui arrive au terme d'un investissement de 11,5millions d'euros sur son site de Colmar (lire page9). La liste est longue et témoigne, effectivement, d'un dynamisme alsacien. Mais aussi d'un nivellement par le haut. «Sur des marchés de niche, on peut être excellent, même en étant petit», conclut Jean Simon, «mais c'est vrai que beaucoup de PME font face à un problème de surface financière, de capacité à engager des fonds propres et du coup à trouver des financements». L'investissement est, dès lors, beaucoup plus difficile.

# Investissement