Investissements : Hollande inquiète les patrons ligériens
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Investissements : Hollande inquiète les patrons ligériens

Conjoncture Depuis l'élection de François Hollande, l'attentisme a fait place à l'inquiétude au sein des PME de la Loire, qui retardent leurs investissements.

«Depuis quatre mois, c'est le vide! Je n'ai pas reçu le moindre projet d'innovation sur mon bureau. C'est la première fois que je vois ça depuis que j'ai intégré la délégation Loire d'Oséo. Les entreprises sont dans l'attente des échéances électorales». Recueilli entre les deux tours des élections présidentielles, ce témoignage d'Isabelle Coulonjou, chargée d'affaire innovation chez Oséo Loire, est symptomatique de la méfiance et de l'attentisme qui règne au sein des entreprises ligériennes. Et ce n'est pas l'élection de François Hollande qui semble avoir inversé la tendance et fait reculer l'inquiétude. Au contraire!




Méfiance et défiance

«Bien sûr que nous sommes inquiets. Il y a un climat de méfiance et de défiance de la part des promoteurs. Depuis le début de l'année, les mises en chantier ont reculé de 16% en France. Pour nous qui fabriquons des profilés, l'impact est immédiat et on s'attend à une baisse d'activité encore plus importante pour le début 2013. Pour ma part, cela ne remet pas en cause mes projets d'investissements, mais au lieu d'embaucher en CDI, j'ai fait appel à l'intérim cette année. Si Nicolas Sarkozy avait été réélu, j'aurais sans doute embauché directement en CDI», confie Dominique Beaumet, dirigeant de Profimo à La Talaudière. Pour Gaëlle Rousseau, du cabinet de conseil en propriété industrielle Galia Partners, cette méfiance fait effectivement parti du business ambiant. «Entre le moment où nous démarrons un dossier avec des propositions concrètes et le moment où le chef d'entreprise nous dit on y va, le processus de décision est beaucoup plus long. Les élections n'y sont pas pour rien. Et puis la situation en Grèce et la question de la dette commencent sérieusement à alarmer tout le monde et à faire peur», argumente-t-elle. Spécialisée dans les aimants, la société Auris à Andrézieux-Bouthéon fait parti des entreprises qui s'interrogent. «Nous avons un projet d'investissement pour 2013. Ce projet se fera, mais le montant et les grandes orientations de cet investissement dépendront de la prochaine loi de finance. Nous attendons des précisions sur la fiscalité des entreprises», développe Monique Vial, la dirigeante. Du point de vue des investissements étrangers, tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. «2012 est une très bonne année pour la Loire. Nous n'avons pas ressenti de ralentissement lié aux échéances électorales. Il n'y a pas eu non plus d'effet Hollande négatif pour l'instant. Aucun projet n'a capoté depuis son élection. Quels que soient les gouvernements en place, l'Europe et la France restent attractives», assure René Bayle, directeur de l'Agence de développement économique de la Loire (ADEL 42). Du Côté du Medef Loire, le président Éric Le Jaouen se veut lui aussi optimiste et ne veut pas céder à la panique. «L'attentisme, il y en a toujours en période électorale. Il faut attendre le résultat des législatives pour savoir qu'elle sera la composition définitive du gouvernement. Bien sûr que nous serons attentifs aux décisions qui seront prises en matière de fiscalité pour les entreprises. Toute augmentation serait contre-productive pour la compétitivité de nos PME», conclut-il.

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