Plutôt que de s'acquitter d'un impôt «béton», pourquoi ne pas se tourner vers la pierre? Selon Cédric Robillard, consultant en défiscalisation et dirigeant de la société AMFF, spécialisée dans le domaine, la période y serait favorable.
À quel profil s'adressent en priorité les placements dans la pierre? Face à une offre étendue, vers quel dispositif orienteriez-vous d'abord les investisseurs?
Les personnes les plus imposées ont de toute évidence avantage à se tourner vers l'investissement locatif. Il peut s'agir de gérants de sociétés déjà fortement taxés à différents niveaux (charges sociales, ISF, impôt sur le revenu...) et qui ne souhaitent pas payer davantage. En fin d'activité, certains cherchent aussi à réinvestir l'argent issu de la revente de leur outil de travail. Les placements et solutions pour défiscaliser, qui s'offrent à eux, ne manquent pas en effet. En ce moment, j'aurais tendance à les orienter vers le dispositif Bouvard.
Quels avantages présente cette mesure?
La loi Bouvard est intéressante à plusieurs niveaux. Elle possède d'abord l'avantage de la location meublée, à savoir des loyers garantis par un gestionnaire et un risque zéro en termes d'impayés. Il n'existe pas non plus de frais annexes tels que la rédaction du bail, la mise en place du locataire, l'état des lieux ou encore la garantie locative. Dans le cadre d'un investissement dans un meublé, l'amortissement de l'immobilier et du mobilier vient en déduction des loyers, ce qui permet de ne pas payer d'impôts sur le long terme sur les revenus locatifs générés. À cela s'ajoutent le remboursement de la TVA ainsi qu'une économie d'impôt offrant un financement du projet sans effort d'épargne important.
Si vous aviez à formuler un «conseil du moment», lequel serait-ce?
Investir sans attendre! Bien sûr, la pierre constitue un investissement sur le long terme, qui demande de mûrir la réflexion. Mais l'immobilisme coûte souvent plus cher. Les investisseurs ont d'ailleurs trois bonnes raisons d'agir en ce moment. Après 2010, les avantages fiscaux des lois Scellier et Bouvard seront moins importants: la réduction d'impôt passera ainsi de 25 à 20%. Autre motivation: les taux d'emprunt sont aujourd'hui intéressants. Et chacun, troisième point, doit sérieusement penser à une solution de revenus complémentaires.
Quels sont les points de vigilance, enfin, à surveiller quand on opte pour ce type de placement?
Investir dans l'immobilier, soyons clairs, n'est pas sans risques. Il n'existe pas non plus de mauvaise mesure fiscale en soi, à partir du moment où le projet combine compétence du gestionnaire et qualité de l'emplacement. Entre les réseaux bancaires, dont la connaissance du marché n'est parfois pas assez pointue, et les promoteurs désireux de placer leurs propres produits, j'incite en tout cas l'investisseur à contacter des cabinets indépendants spécialisés dans la gestion de patrimoine. Sélectionner un solide gestionnaire, puisque c'est lui qui permettra la reconduction du bail sur le long terme, reste le nerf de la guerre.