«Si nous ne nous mobilisons pas maintenant, nos outils seront caducs à brève échéance et nous risquons de perdre en compétence», démarre David Rocaboy, vice-président de l'interprofession du port de Lorient Keroman. Comme Keroman lui-même, voilà un réseau ancien. Créé à l'origine en 1984, il avait été mis en sommeil dans les années 90 avant de se fondre dans Lorient Pôle Naval puis Bretagne Pole Naval. Aujourd'hui, la résurgence d'un échelon plus local semble nécessaire. «Nous avons plus de légitimité à demander de l'aide à l'agence de développement économique Audélor que Bretagne Pôle Naval, auprès de qui les petites entreprises ne sont pas audibles», constate Frédéric Savary, second vice-président. Passée très rapidement de six à 24 entreprises, pesant pas loin de 750 emplois lorientais, l'association s'est donc réactivée. Pour faire face aux évolutions du contexte économique lorientais. Et à la concurrence accrue d'autres places navales. «Concarneau, Brest, les Sables d'Olonne ou LaRochelle sont de mieux en mieux équipées», analyse Patrice Le Fel, président de l'interprofession. «Nous disposons pour notre part d'un moyen de levage unique de 650 tonnes qui nous assure un plan de charge correct mais que nous cherchons à maintenir.On doit garder notre avance et notre compétitivité.»
Accéder à la cale sèche
Alors les professionnels lorientais de la construction et de la réparation navale resserrent les rangs et visent la synergie. Lorgnant même aujourd'hui vers d'autres tonnages. «On n'accueillera jamais de "supertankers"», admet Patrice Le Fel. «Mais nous sommes armés pour des bateaux compris entre 60 et 100 mètres, pour des caboteurs un peu plus importants.» Le bateau "Fastnet" de la Scapêche, l'armement d'Intermarché basé à Keroman, trône en bonne place sur les quais. Pour de plus gros travaux, le regroupement de professionnels a même des vues sur les formes de DCNS. «Nous nous sommes rapprochés dans ce but d'Audélor», explique Patrice Le Fel. L'accès à la cale sèche de l'ex-arsenal sera l'une des cinq commissions de travail de l'interprofession. Tout comme la communication: un site web est en projet. «Il permettra de vendre le savoir-faire des entreprises», note un des adhérents, Paul Loquet. Autres pistes: la création d'un hall polyvalent pour les travaux de carénage sur composite. Ou l'accès au quai d'armement Rive Gauche, dans lequel les collectivités locales investissent 7,5millions d'euros, actuellement sous-exploité du fait du maigre plan de charge de STX. Dernière commission: l'élaboration d'un dock flottant servant de barge pour mettre à sec les navires en réfection. «Une solution de repli, si nous ne pouvons accéder au quai d'armement», remarque David Rocaboy.
LA CREATRICE
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Naval Emergeant d'un demi-sommeil, l'interprofession de Lorient Keroman ne veut plus se contenter de vivre sur les acquis de l'élévateur de 650 tonnes du port.