International : Ces Rhônalpins qui visent la Chine de l'ouest
# Politique économique

International : Ces Rhônalpins qui visent la Chine de l'ouest

Export. Après le passage du président chinois Xi Jinping fin mars à Lyon, les observateurs veulent croire à un boom des échanges rhônalpins avec la deuxième puissance mondiale. Et c'est à l'intérieur du territoire chinois que ce nouvel élan se concrétise.

Cap sur la Chine de l'intérieur... À Chongqing, Wuhan, Zhengzhou ou encore Chengdu. Des mégapoles encore méconnues en France devenues pourtant, en seulement quelques années, les principaux moteurs de la deuxième économie mondiale. C'est là en effet, dans cette Chine de l'ouest où le taux de croissance annuel frôle 15 % (contre 7,6 % à l'échelle nationale en 2013) que tout se tente, tout se crée et où sont appliquées en direct les grandes réformes dictées depuis Pékin visant à pousser les investisseurs étrangers au coeur de l'Empire du Milieu. Ce gigantesque "Far West" chinois - grand comme dix à quinze fois la France - a déjà séduit quelques (aventureux) entrepreneurs rhônalpins. « Cette Chine de l'intérieur est notre premier marché sur place », précise même Frédéric de Stoutz, directeur général de Actini, PME d'Évian-les-Bains (80 salariés dont une dizaine en Chine), spécialisée dans la fabrication d'équipements de pasteurisation et de stérilisation de produits liquides. « Nous avons travaillé à Wuhan, en livrant au futur laboratoire de haute sécurité P4 développé en partie par l'Institut Mérieux une station de décontamination des effluents liquides. » Un chantier hautement politique qui devrait être inauguré début 2015 par les plus hautes autorités du régime.




Affaires arrosées

Présente en Chine depuis 2010 seulement, Actini y génère aujourd'hui plus de 40 % de son chiffre d'affaires global. « Et il y a encore beaucoup d'affaires à nouer dans ces régions », estime le dirigeant. Le Savoyard vend surtout ses équipements à des producteurs d'oeufs qui cherchent à les transformer. « Or, une province agricole comme celle du Hebei (dont la capitale est Zhengzhou) produit à elle seule plus d'oeufs que toutes les filières américaines réunies, précise-t-il, c'est dire le potentiel d'un tel marché ! » À la condition toutefois de tenir l'alcool. Car dans ces coins reculés de Chine, les affaires se traitent souvent autour d'une bouteille de baijiu, l'alcool blanc national à base de sorgho ou de maïs. C'est ainsi que se juge sur place la qualité d'un bon partenariat. « Impossible d'y couper ; ça fait parti des usages », sourit le dirigeant.




Far West chinois

Une chose est sûre : cette Chine de l'ouest se mérite. Chengdu ou Chongqing qui comptent plusieurs dizaines de millions d'habitants restent des « marchés difficiles », estime Fabien Derbhassy, représentant en Chine de l'entreprise grenobloise IPW group (250 personnes sur place), présente dans l'étude, la conception et la fabrication de produits finis et semi-finis. Point encourageant : les autorités locales - aujourd'hui très endettées - préfèrent désormais « confier des contrats de concession à des opérateurs privés avec lesquels il est plus facile de travailler », explique Fabien Derbhassy qui vient justement de signer un pilote à Chengdu avec un centre de collecte de déchets privé.

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