Sans surprise, la situation de l'emploi des intérimaires s'est fortement dégradée à la fin de l'année 2008 en Alsace, comme ailleurs en France. Les chiffres du Credoc, relayés par le Prisme (syndicat des professionnels de l'intérim), font état de reculs successifs de 21% et de 24,4% du nombre d'intérimaires en mission dans la région en novembre et décembre dernier. Soit une nette accélération, alors que ce recul avait été contenu depuis l'été (-2% en août, -3,6% en septembre et -6,7% en octobre). Et le début 2009 ne se présente guère mieux: les données enregistrées la deuxième semaine de janvier laissaient déjà apparaître un recul de 36% du nombre des équivalents temps plein (ETP) intérimaires en Alsace, contre 32% au niveau national. Des emplois supprimés Rien d'étonnant à cela, selon Mireille Thuet, présidente du Prisme Alsace: «Les entreprises ont recours aujourd'hui au chômage partiel, qui intervient en général après la fin des CDD et des contrats d'intérim». Respectivement président et responsable d'agence d'Europ Intérim, à Colmar Alexis Reinold et Marc Wertenberg confirment: «Les grandes entreprises, notamment celles dépendantes du secteur automobile, ont commencé à supprimer les emplois intérimaires dès septembre. Mais le fait de travailler avec des PME, des PMI ainsi que des artisans nous permet de limiter les dégâts car ils continuent à rechercher du personnel qualifié». Même si c'est en moins grandes quantités qu'avant. Une tendance qui apparaît difficilement dans les statistiques car elles ne compensent pas les coupes sombres de l'industrie. Cette conjoncture impose, par ailleurs, un véritable virage aux agences d'intérim, amorcé en 2005 avec la Loi de modernisation sociale. Celle-ci leur a ouvert la possibilité de faire du placement en CDI. Cette double casquette doit aussi permettre aux agences d'intérim (252 en Alsace et 890 emplois directs) de faire le dos rond en cette période.
L'emploi intérimaire est en fort recul chez les grands industriels.