Le centre de recherche Innocold veut assurer, avant tout, un leadership dans le domaine du froid pour LNG comme pour d'autres entreprises du territoire. Une filière du froid qui s'impose presque d'elle-même au vu des nombreuses entreprises régionales qui travaillent dans ce domaine. « Nous pourrions créer un pôle de compétitivité ici à Dunkerque », note Sylvain Ringot, président d'Innocold.
Des industriels associés
Un budget d'1,7 million d'euros a été utile à la création d'Innocold. Une dizaine d'industriels se sont associés au projet en finançant, pour grande partie, les recherches menées par les universités du littoral et de Lille. « Notre objectif, c'est de faciliter l'accès à la recherche : un monde inconnu, cher et qui fait peur aux entreprises. Alors que c'est pourtant une aide pour gagner en compétitivité », précise Sylvain Ringot. Parmi les entreprises partenaires, le centre compte des noms comme Europipe, Polimeri, Total, CMP Dunkerque, Air Liquide, Dalkia, Ponticelli, EDF, Dunkerque LNG, Entrepose Contracting ou encore Sofregaz. Trois projets qui répondent à des attentes de ces industriels ont déjà été lancés. « En règle générale, c'est une idée lancée par un industriel qui fait mouche. Une amélioration à apporter à un process ou des questionnements sur le fonctionnement de tel ou tel outillage », ajoute Hubert Verley, chargé de mission. Parmi les projets, dont l'un est maintenu confidentiel pour des raisons d'avantage concurrentiel, Innocold travaille sur le vieillissement du cycle de fatigue thermique et mécanique d'assemblages en acier. Dix financeurs sont intéressés par la résistance des matériaux confrontés à de très basses températures, un point important pour la sécurité industrielle. L'autre projet est un logiciel de calcul ultra précis du rayon de danger des nuages de gaz. Pour chaque projet d'études, il faut compter une moyenne de 300.000 euros de financement. « Un investissement financé à 60 % par les industriels. Bien souvent, ils placent 70.000 euros chacun dans chaque sujet de recherche. Il y a autour de la table des grands groupes mais aussi des PME, chacun s'y retrouve », ajoute le président d'Innocold.
Une boucle d'essais en vue
Mais dans le monde de la recherche, les projets prennent leur temps : compter 18 mois avant que le projet ne commence et trois ans pour qu'il soit étudié. Priorité s'il en est une pour 2013 : une cellule de boucle d'essais grand débit en froid. « Ce sera un outil d'essais où les industriels pourront essayer en vrai leurs équipements avant de le mettre en place chez eux », explique Hubert Verley. Les études autour de ce projet sont prévues cette année. Si les résultats sont concluants, cet outil d'utilisation des fluides cryogéniques verra le jour entre 2014 et 2015 sur les terrains du port de Dunkerque.
Virginie Wojtkowski
Le terminal méthanier est une image qui lui colle à la peau. Et pourtant l'Institut technologique du froid Innocold fait des pieds et des mains pour s'en détacher.