Influence des médias: la grande illusion

Influence des médias: la grande illusion

Sud Ouest roule-t-il pour Alain Rousset et les médias nationaux pour Virginie Calmels ? A quelques semaines des élections régionales, les candidats socialiste et républicain mettent en doute l'indépendance de la presse et/ou pointent du doigt l'inégalité de traitement dont font preuve les journalistes. On attend les déclarations des « petits » candidats, qui ne manqueront pas, pour leur part, de dénoncer le mépris dont leur témoignent les journaux. Evidemment, certains verront derrière mes propos un réflexe corporatiste. Je ne veux pas juger ici l'attitude de mes confrères, mais m'interroger sur le rôle que l'on prête aux médias. Qui peut croire que ce sont les journalistes qui font une élection ? Jamais notre profession n'a été autant critiquée. Jamais son crédit n'a été autant entamé. Jamais il n'a été aussi facile de se passer d'elle pour véhiculer ses messages (je pense en premier lieu aux réseaux sociaux). Comment s'imaginer, dès lors, que les médias puissent déplacer des milliers de voix ? Jospin, Chevènement, Balladur... ont été portés au pinacle par les journaux avant de s'effondrer dans les urnes. A l'inverse, le Front national, encore souvent traité en adversaire dans les médias, n'a jamais été autant plébiscité par les électeurs. Bref, le soutien de la presse agit comme un repoussoir. Pourquoi vouloir s'attirer ses bonnes faveurs ?



Yann Buanec @email Twitter: @YannBuanec