En Bretagne, les industriels de la construction navale n'ont pas attendu l'État pour se réunir et travailler ensemble. Bretagne Pôle Naval en est la preuve. «Nous étions en quelque sorte précurseurs dans cette démarche», sourit Gilles L'Haridon, délégué général de BPN qui rassemble 70 acteurs bretons, chantiers navals, fournisseurs d'équipements, sociétés d'ingénierie et entreprises spécialisées dans les travaux à bord. Ensemble, ils représentent 10.000 emplois. En France, cette filière compte 40.000 salariés et pèse 5Md€ de chiffre d'affaires.
Lever 300M€ de projets
Christian Estrosi, ministre de l'Industrie a choisi d'installer le comité stratégique de la filière navale, depuis le coeur de DCNS à Lorient. «Une entreprise exemplaire dans le domaine de la défense navale», pour le ministre. Il coprésidera ce comité aux côtés de Jean-Marie Poimboeuf, ex-président de DCNS. Le comité aura pour but de rassembler les acteurs de la filière autour d'un dialogue permanent sur les stratégies et les objectifs. «En intégrant la notion de clients et fournisseurs afin de rallier les sous-traitants de la construction navale», précise Christian Estrosi. «Il est fini le temps de la relation dominant dominé», insiste-t-il. «Nous voulons créer un éco-système qui permette d'additionner les compétences publiques et privées, de mettre en avant les meilleures pratiques dans le but de conquérir des parts de marché.» Onze comités stratégiques de filières ont été créés, à l'issue des États généraux de l'Industrie. Un appel à projets structurants et collaboratifs est lancé au sein de ces comités. Au total, l'État souhaite lever 300M€ de fonds publics/privés pour les réaliser et suivre 5.000 entreprises par an. Sont inclus 231M€ prévus au titre de l'aide à l'innovation par le biais d'Oséo. Si la filière nautisme n'est pas incluse dans ce comité stratégique de la construction navale, Christian Estrosi n'exclut pas des passerelles concernant les travaux portant sur les matériaux composites et l'alimentation en énergie des bateaux.
Redorer le blason de l'industrie française
Mais le gouvernement, par le biais de son ministre de l'Industrie, compte surtout redorer le blason de l'industrie française. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: depuis 1999, la part de la production industrielle dans le PIB français a chuté de 25% et 550.000 emplois ont été détruits. «La France n'a pas cru dans son industrie comme l'Allemagne y a cru», reconnaît Christian Estrosi, qui tente aujourd'hui pour sortir de la crise de rattraper plus de dix ans de politique anti-industrielle.
En déplacement à Lorient fin septembre, Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, a installé le comité stratégique de la filière industrie navale. Objectif? Réunir les acteurs de la filière pour faire de la France un leader mondial dans le domaine.