«Je crois que la Loire est un des départements les plus durement touchés», déplore François Méon, président de l'UIMM Loire, Union des industries et des métiers de la métallurgie. Il faut dire que la Loire dispose d'une concentration exceptionnelle d'entreprises mécaniciennes, secteur d'activité particulièrement atteint par la crise amorcée au deuxième semestre 2008. C'est ainsi que la mécanique ligérienne a ?consommé?, depuis le début de l'année, 80% du volume des heures de chômage partiel accordées par la Direction départementale du travail, de l'emploi et de la formation. «Et ce n'est pas terminé», annonce encore le président de l'UIMM. En effet, la fermeture annoncée de plusieurs grands groupes comme Siemens Vai dans le Gier ou d'Akers dans l'Ondaine pourrait provoquer de graves difficultés, en cascade, chez leurs sous-traitants.
Creux de la vague
Mais si les entreprises de mécanique spécialisées dans les biens d'équipement sont loin d'être tirées d'affaire, les fournisseurs des divers constructeurs automobiles commencent à reprendre du poil de la bête. «La demande automobile est repartie. Du coup, les constructeurs se remettent à fabriquer des voitures. Leurs sous-traitants en bénéficient directement. Mais uniquement ceux qui fabriquent des pièces pour les automobiles. Pour ceux qui fabriquent les machines servant à construire ces mêmes voitures, c'est encore très difficile. Les constructeurs ont repris la production mais pas les investissements. Ils restent sur des plans ?cash ?comme ils les appellent, c'est-à-dire reconstitution de trésorerie. Ceci dit, même si nous craignons encore quelques dépôts de bilan, nous avons l'impression d'avoir atteint le creux de la vague. La situation devrait désormais s'améliorer». L'export, une forte présence commerciale sur les salons par exemple, une diversification notamment vers les secteurs plus porteurs de l'énergie ou des transports... autant de pistes à explorer qui pourraient permettre aux PME mécaniciennes ligériennes d'être moins vulnérables à l'avenir mais qui sont évidemment peu évidentes à mettre en oeuvre en cette période difficile.
Au vu de la part prépondérante du secteur mécanique dans l'industrie ligérienne, il est logique qu'un bon nombre de PME mécaniciennes du département parviennent à se hisser dans le Top 20 industriel ligérien. Et ce, même si la mécanique a été très durement touchée par la crise.