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Inblue investit pour produire de la spiruline dans l’Hérault
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Inblue investit pour produire de la spiruline dans l’Hérault

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La start-up francilienne Inblue mobilise plus de trois millions d’euros pour construire une unité de production de spiruline à Mèze, dans l’Hérault. Livrée sous peu, elle sera la première pierre d’un projet industriel de plus grande ampleur.

Inblue installe 520 photobioréacteurs de 8 mètres de hauteur pour cultiver la spiruline dans son usine de Mèze — Photo : Inblue

La culture de la spiruline, une algue microscopique concentrant de nombreux nutriments, se développe fortement, stimulée par les besoins grandissants des fabricants de compléments alimentaires. Or, 90 % de la spiruline utilisée en France est importée, faute de structures répondant à la demande des acteurs industriels du secteur, qui forment la plus grosse part du marché. Sur ce constat, la start-up francilienne Inblue, soutenue par des investisseurs principalement chefs d’entreprise et sensibles à la cause environnementale, mobilise plus de trois millions d’euros pour bâtir une unité de production à taille industrielle à Mèze (Hérault). "L’usine nous aidera à nous affranchir des contraintes pesant sur la culture artisanale. Le processus que nous utilisons permettra de produire de plus gros volumes, tout en maîtrisant la qualité de l’environnement et donc la croissance de la spiruline", indique Quentin Falcomer, cofondateur d’Inblue avec Jean-Marie Soubrier.

Un environnement technique maîtrisé

Fondée à Yerres (Essonne) en 2020, Inblue a été accompagnée en phase R & D par le CNRS et l’Université de Montpellier. Une première unité pilote en bassin, sous serre, installée à Madagascar, a permis de valider le process. Il est mis en œuvre sur le plan technique par la deeptech héraultaise NXO Engineering, qui assiste Inblue dans la construction de l’usine de Mèze. Le site, d’une surface totale de 600 m2, intégrera 520 photobioréacteurs (systèmes tubulaires assurant la production de micro-organismes en suspension dans l’eau), de 8 m de hauteur.

Livrable cet automne, il produira 208 000 litres de spiruline à l’année, alors que la culture traditionnelle n’en produit que l’été. "NXO nous aide à lever plusieurs verrous technologiques. Avec un cycle totalement fermé, nous ne subissons aucune perte en eau ou par évaporation. De même, nous contrôlons parfaitement l’environnement de culture, ce qui réduit les risques de contamination. Enfin, le système, qui fonctionne grâce aux énergies renouvelables, est conçu pour produire en hiver", résume Quentin Falcomer.

Un projet décliné en plusieurs usines

Après la phase de récolte, Inblue exploitera sa technologie pour fabriquer trois types de produits : de la spiruline en poudre ou en comprimés, mais aussi des extraits de spiruline sous forme liquide, "un des rares colorants bleus naturels du marché", selon le dirigeant. La start-up, qui est déjà entrée en phase de pré-commercialisation, vise le marché BtoB des compléments alimentaires : laboratoires, fabricants de cosmétiques, industrie agroalimentaire, etc.

Par ailleurs, Inblue s’inscrit dans une démarche écoresponsable, visant à favoriser l’économie locale, "afin de limiter les importations de spiruline étrangère". Ainsi, son système de production, fonctionnant sur une zone géographique limitée, est amené à se dupliquer rapidement : Inblue ambitionne en effet de construire une usine par an pour continuer à massifier sa production "dans les sites dynamiques dans l’économie bleue tels que Mèze", selon Quentin Falcomer. La start-up a déjà deux autres unités en préparation, l’une à Lunel (Hérault) et l’autre près d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). L’usine de Mèze, qui fabriquera des produits simples et ne fera pas de conditionnement au détail, fonctionnera avec une équipe de production de quatre personnes. Les autres usines, qui produiront de plus gros volumes, pourront employer jusqu’à dix techniciens chacune.

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