Hérault

Environnement

NXO Engineering réinvente les stations d’épuration

Par Anthony Rey, le 01 décembre 2022

La deeptech héraultaise NXO Engineering lance le chantier d’un démonstrateur pour une nouvelle génération de stations d’épuration. L’opération, qui mobilise 1,2 million d’euros, permettra de valider, pour la première fois, un process d’assainissement d’eaux usées à énergie positive.

Cesar Narvaez a fondé la deeptech NXO Engineering en 2016.
Cesar Narvaez a fondé la deeptech NXO Engineering en 2016. — Photo : NXO Engineering

Spécialiste des métiers de l’eau, la deeptech héraultaise NXO Engineering (10 salariés, CA 2022 : 2 M€) porte une nouvelle vision de l’assainissement. Bouclant un cycle de R & D de trois années, elle a conçu, en 2021, un premier prototype industriel de station d’épuration, nommé "Nxstep", intégrant la technologie de bioremédiation micro-algale. Cette innovation, qui place les microalgues au cœur du système, permet non seulement de traiter les eaux usées mais aussi d’en valoriser des ressources : en fin de process, les boues générées dégagent un surplus énergétique, qui est commercialisable ou utilisable en cogénération par la collectivité propriétaire de la station. "Nous intégrons plusieurs process pour que la filière de l’assainissement consomme moins d’énergie. Notre approche permet notamment de dégager, pour la première fois, un surplus d’énergie", résume Cesar Narvaez, PDG de NXO.

Un pilote industriel plus poussé

Le protocole industriel au cœur de Nxstep est en cours de validation administrative, mais NXO a déjà commencé à prospecter des clients et signale des contacts avancés avec 4 collectivités locales. Ce format de station d’épuration étant conçu pour les plus petites d’entre elles (jusqu’à 3 000 habitants), la deeptech héraultaise lancera, en décembre, la construction d’un nouveau démonstrateur industriel conçu pour répondre aux besoins des métropoles et des agglomérations, ainsi que des grands industriels.

Baptisé "Volta", le programme mobilise un investissement de 1,2 million d’euros, dont 500 000 euros d’aides publiques versées dans le cadre du plan France 2030. Sur le volet technique, le système utilise des photoréacteurs de 6 mètres d’envergure, dans un format vertical plus compact et stratégique en vue des futurs appels d’offres. Les stations d’épuration qui en découleront s’apparenteront à des raffineries toujours plus vertes, puisqu’elles jouiront d’une empreinte carbone négative, selon Cesar Narvaez. "Volta est une extension de Nxstep, mais nous approfondissons les principes mis en œuvre. La biométhanisation au cœur du process, au lieu d’émettre du CO2, en consommera plusieurs tonnes par an. C’est un critère intéressant, en termes de crédits carbone, pour les industries polluantes", souligne-t-il.

Une levée de fonds majeure en préparation

La phase d’homologation administrative pour Volta prendra fin à l’été 2023. Avec les premières ventes de Nxstep, l’entreprise prévoit de porter son chiffre d’affaires de 2 à "au moins 5 millions d’euros" l’an prochain, selon Cesar Narvaez. Néanmoins, les systèmes vendus par NXO coûtant rarement moins d’un million d’euros pièce, les clients potentiels exigent de la deeptech une solidité financière qu’elle n’a pas encore tout à fait atteinte. Pour ce faire et pour continuer à se structurer, NXO planche sur sa première levée de fonds et vise d’emblée le cap de 20 à 30 millions d’euros en 2023. Ce financement lui permettra de poursuivre la R & D dans ses locaux de Cournonsec, près de Montpellier, où elle construit ses pilotes industriels. De même, elle prévoit de doubler ses effectifs, en passant à 20 salariés.

"Nous devrons être autonomes sur le plan financier afin de mieux répondre aux problématiques des industriels tels que la filière aquacole, les professionnels de l’air et de l’eau, etc.", égrène Cesar Narvaez, qui évoque déjà la suite. Un autre pilote industriel va bientôt démarrer, ciblant cette fois les industriels qui souhaitent valoriser les calories présentes dans les fumées de leurs usines. Ajouté aux précédents, ce nouveau développement devrait motiver la création d’un département "Énergie positive" à part entière, au sein de NXO.

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