Impulsion : La start-up décolle enfin!
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Impulsion : La start-up décolle enfin!

Après avoir vendu en 2008 une première machine à un équipementier automobile, la start-up du pôle Optique Rhône-Alpes, espère transformer l'essai en 2009 dans le secteur de la santé et de la lutte contre la contrefaçon.

Créée en 2003 par Hervé Soder et Éric Audouard, enseignant-chercheur au laboratoire Hubert Curien de l'université Jean Monnet, la société Impulsion a vu le jour grâce à la technologie développée par la plateforme "Laser femtoseconde" du pôle Optique Vision (devenu depuis pôle Optique Rhône-Alpes). Spécialisée dans l'étude et la conception de microcomposants usinés par des procédés laser à impulsions ultra courtes, la start-up semble enfin avoir trouvé le chemin de la croissance. «À la base, on développe des procédés avec nos clients en vue de mettre au point de nouvelles générations de composants. L'objectif étant de leur vendre à terme une machine qui permet de passer à une industrialisation à grande échelle», explique Hervé Soder.






Une première machine pour l'automobile



Problème, cette phase de R & D prend du temps et de l'argent. «Passer du prototype à l'industrialisation nécessite des moyens financiers importants. Or, les banques ne jouent pas toujours le jeu. Si, elles nous avaient suivis, nous aurions sans doute une autre dimension aujourd'hui», confie Hervé Soder. Autre problématique, les clients d'Impulsion n'ont pas toujours la volonté de lancer sur le marché une technologie de rupture qui rendrait du coup obsolète leur technologie actuelle. Depuis sa création, Impulsion s'est donc contentée de développer de nouveaux procédés sans parvenir à faire décoller son chiffre d'affaires. «Depuis 2003, nous tournions autour de 150.000€ par an. En 2008, nous avons vendu notre première machine à un équipementier automobile rhônalpin qui l'utilise pour réaliser des texturations particulières de surfaces qui réduisent les effets de frottement. Avec cette première machine nous avons atteint les 300.000€ de CA. Sans la garantie bancaire d'Oséo nous n'aurions jamais eu les moyens de développer un tel équipement», expose Hervé Soder. En cours de livraison, cette première machine pourrait bien faire des petits. «Compte tenu des volumes importants dans le domaine de l'automobile, on espère bien leur vendre d'autres machines», précise Hervé Soder, qui prévoit de réaliser entre 500 et 600.000€ de CA en 2009.











Poursuivre sur la lancée

Boosté par cette première réalisation dans l'automobile, le dirigeant espère bien poursuivre sur sa lancée. «2009 sera peut-être l'année de la santé. Depuis 2005, nous avons mis au point un procédé qui permet de fabriquer une nouvelle génération de stents (ndlr: implants utilisés pour permettre aux artères de rester ouvertes) à base de polymères bio résorbables. Problème, le produit est toujours dans l'attente d'une certification européenne. Si on l'obtient, on devrait vendre une première machine dès cette année», développe Hervé Soder. L'autre projet prêt à entrer en phase d'industrialisation concerne la lutte contre la contrefaçon. «En 2007, nous avons déposé un brevet avec la société ATT. Nous avons mis au point un nouveau procédé de marquage couleur qui reprend le principe de la nanotexturation de surface que l'on trouve sur les ailes du papillon. Ce procédé, baptisé Sealvector, permet d'incorporer la dimension couleur à une DataMatrix (ndlr: symbologie code-barres bidimensionnelles)», expose, un brin technique, Hervé Soder. En attendant la concrétisation de l'un de ses projets, Impulsion poursuit son travail de R & D. «Depuis 2008, on s'est lancé dans la Défense. On travaille en lien étroit avec l'ONERA (Office national d'études et de recherches aérospatiales) et le CEA pour développer une nouvelle génération de composants. On a également signé un partenariat avec la société HEF pour mettre au point un nouveau procédé pour usiner l'intérieur des cylindres». Proposé à Oséo, ce projet est en attente de financements.

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