En 2007, le pôle de compétitivité PASS accouchait d'une biotech, ImmunoSearch. Son objectif: développer un test alternatif à la vivisection pour mesurer la sensibilité cutanée aux molécules chimiques. Et répondre par la même occasion à une double problématique à laquelle se confronte l'industrie locale des arômes et parfums: d'une part, l'arrivée de la réglementation européenne REACH qui impose aux industriels du secteur de démontrer la non-toxicité de leur produit, de l'autre, l'interdiction des tests sur animaux prévue pour 2013. Chef de file du consortium composé des industriels azuréens Mane, Robertet et Iris Pharma, ainsi que des laboratoires académiques IPMC, INRIA et I3S, ImmunoSearch a fait breveter et valider le test en 2010. «Un test performant doté d'une notion de quantitativité qui permet, à la différence des tests concurrents, de classer la dangerosité du produit et donc de mesurer les doses utilisables», détaille le chercheur Hervé Groux. Autre valeur ajoutée: «L'utilisation de l'épiderme humain reconstruit permettant d'analyser le métabolisme de la peau.»
OCDE, le juge suprême
Pour autant, le chemin qu'il reste à parcourir est encore ardu. Car si le test est désormais disponible sur le marché, ses résultats ne peuvent être utilisés par les industriels qu'à titre informatif. Il manque la validation réglementaire, émise par l'OCDE, pour que s'ouvrent enfin les portes d'un marché colossal, estimé à plusieurs milliards de dollars. «Nous avons le meilleur produit possible, à nous de savoir convaincre», reprend Hervé Groux qui multiplie en ce sens les actions de lobbying avec l'objectif de les voir aboutir d'ici à 2012.
Le vieillissement de la peau, nouveau terrain de jeu
En attendant, la biotech capitalise sur les connaissances acquises sur la biologie de la peau pour poser la question de l'efficacité des produits cosmétiques. «Les industriels ne peuvent plus annoncer un effet bénéfique sans en apporter la preuve. Or, les tests actuels d'objectivation sur l'homme dépendent d'un individu à l'autre, et n'ont pas la rigueur scientifique appropriée», juge Hervé Groux. ImmunoSearch travaille donc à un nouveau test quantitatif permettant de mesurer la modification d'expression des gènes liée à l'efficacité recherchée du produit. Son premier terrain de jeu: le vieillissement de la peau. La biotech prépare actuellement son dossier pour obtenir le financement FUI. À suivre...
ImmunoSearch
Grasse Hervé Groux 7 salariés CA 2010: 700 k€ 04 93 70 32 98 @email