L'agence de développement économique d'Ille-et-Vilaine Idéa 35 est en sursis. Le conseil départemental n'en veut (peut) plus : la loi NOTRe, pour Nouvelle organisation territoriale de la République, le lui interdit au 1er janvier 2017 avec la redistribution des cartes en matière de compétences économiques. Rennes Métropole, quant à elle, n'en veut pas : n'a-t-elle pas déjà renforcé son service de développement et créé son propre outil d'attractivité, Destination Rennes ?
Les EPCI et la Région à la rescousse ?
Quant au conseil régional, il n'a pas encore officiellement statué. La Région est déjà correspondante de Business France et dispose de deux organes : BCI et BDI, pour Bretagne Commerce International et Bretagne Développement Innovation. Fusionneront-ils eux-mêmes après les élections régionales ? La question revient sur le tapis. Alors, intégrer une nouvelle agence de développement économique, qui plus est départementale ? Quand on sait que les Côtes d'Armor en ont une aussi, mais ni le Finistère ni le Morbihan... Loïg Chesnais-Girard, actuel vice-président en charge de l'économie et directeur de campagne de Le Drian, aurait laissé entendre aux responsables d'EPCI qu'il les aiderait à soutenir Idéa 35. Le salut d'Idéa 35 viendra peut-être d'eux, ces 23 Établissements publics de coopération intercommunale (hors Rennes Métropole), répartis sur tout le territoire. Ils contribuent déjà à la « machine Idéa », à hauteur de leurs moyens. Accepteront-ils de remettre la main à la poche et de manière plus importante ? Pas sûr... Une menace pèse entre ceux qui auront les moyens et les autres. Et situation cocasse : la loi ne leur interdira pas de demander eux-mêmes le soutien du conseil départemental.
11 emplois et 1,25 M€ en jeu
En jeu chez Idéa : 11 emplois et un budget à boucler d'1,25 M€, montant diffusé sur le site web de l'agence et largement assuré par le Département. Pour l'instant, c'est encore l'inconnue budgétaire. Est-on à la veille d'un plan social ? Le scénario le plus certain, c'est la mutation de l'agence actuelle. Si Rennes Métropole se désengage, Idéa 35 pourrait alors devenir l'agence économique des campagnes. Son rôle ? Développer l'économie des territoires périphériques pour limiter les déséquilibres avec la métropole toute puissante. On pourrait alors entendre parler d'agence rurale. Agence des pauvres ? Certains pourraient aller jusqu'à employer ce terme.
Un bilan à son actif
À ce stade, une question se pose : Idéa 35 a-t-elle une utilité ? Oui, à en croire son bilan plutôt élogieux. En dix ans d'action par exemple, près de 180 entreprises implantées, représentant plus de 1.900 créations d'emplois, alors que son premier objectif était de 1.500... Et ses retombées profitent à tous les territoires. Idéa, ce sont aussi plus de 1.600 créations d'emplois soutenues dans 219 entreprises bretilliennes financées à hauteur de 4,5 millions d'euros par des fonds de revitalisation. L'agence en gère trois dont Finéa 35. De 2007 à 2014, l'agence a par ailleurs accompagné 165 projets de territoires via ses prestations de conseil. Sans compter l'animation des 500 membres du réseau des Veilleurs pour l'Ille-et-Vilaine.
Des questions sans réponse
Alors qui pour gérer à présent toutes ces missions ? Au-delà du phénomène Idéa 35, qui compensera les aides directes accordées par le conseil départemental aux entreprises, qui a lui-même co-investi dans l'achat des terrains de PSA La Janais ? Quid de la contribution départementale au pacte productif et au plan de lutte anticrise ? L'État donnera-t-il le change ? Rien n'est moins garanti. La loi NOTRe est faite pour faire des économies. Dans ces conditions, Idéa 35 pourra-t-elle faire face au retrait du Département ? C'est prévu pour le 31 décembre 2016, l'année des 30 ans de l'agence bretillienne... Le temps presse.
Avec l'adoption de la loi NOTRe et la redistribution des cartes en matière de compétences économiques, l'agence de développement départementale Idéa 35 se cherche un avenir à partir de 2016. Et surtout des financeurs...