Jean-Paul Beauvais, président du Medef de la région havraise.
Quels candidats vous semblent les plus aptes à prendre la tête du Medef ?
Trois candidats sortent du lot, et surtout deux : Geoffroy Roux de Bézieux et Pierre Gattaz. Patrick Bernasconi venant en troisième position. Certains voudraient un ticket à deux : Roux de Bézieux/Gattaz, mais je n'y crois pas. Tous les deux ont des personnalités intéressantes mais Roux de Bézieux est plus charismatique.
Qu'attendez-vous de l'élection du nouveau président ?
Le futur président ne doit amener une rupture complète mais poursuivre en accentuant le chemin parcouru depuis huit ans. « Besoin d'air » reste d'actualité avec l'idée de redonner de l'air aux entreprises dans tous les sens du terme. La solution pour s'en sortir passe par les entreprises qui sont celles qui créées des emplois. Mais, elles sont asphyxiées par les charges et les règlements. On ajoute, on ajoute sans cesse... Il faut aussi revaloriser l'entreprise. En France, on ne parle et on ne porte des jugements qu'en fonction des grands patrons du CAC40 ! Ils sont nécessaires et moteurs mais cela fait passer au second plan tout ce qui représente le tissu des entreprises françaises : à 92 % des entreprises de moins de 50 salariés. J'attends du candidat qu'il s'intéresse à toutes les entreprises. Il doit aussi faire bouger l'image du Medef, car le mouvement à une image souvent trop proche du pouvoir et trop associée aux grands patrons. Nous sommes à la fois une fédération professionnelle et une multitude de TPE et PME. Nous attendons de renforcer la cohésion des syndicats d'entrepreneurs. Des rapprochements sont à faire entre Medef, CGPME et UPA, afin d'avoir une position plus forte face aux pouvoirs publics. Le Medef, c'est le parti des entreprises. Il n'est pas porteur vis-à-vis d'un parti politique quelqu'il soit. Chacun doit s'y retrouver. Le nouveau président devra aussi agir dans la gouvernance interne à développer les implantations territoriales. L'un des premiers impératifs du nouveau président sera de recréer un choc de confiance. Tous les chefs d'entreprises ont le moral en berne. Tous regardent avec inquiétude leurs comptes, leurs impératifs salariaux et leurs carnets de commandes. Et puis, les entreprises sont dubitatives face à l'État. Regardez la réaction des chefs d'entreprises au sujet du crédit d'impôt et la faiblesse du nombre de dossiers déposés. Il faut un allégement de la fiscalité, un choc sur le coût du travail et la même chose du côté des salariés pour redonner du pouvoir d'achat. Le manque de confiance vient du cadre juridique qui bouge sans arrêt et entraîne un manque de visibilité pour les chefs d'entreprises. Ce dont le Medef a besoin, c'est d'un président rassembleur et bien porteur de l'ensemble des problématiques économiques et surtout du devenir de nos entreprises. Du concret !
Quelles retombées locales attendez-vous de cette élection ? Quel est le bon modèle territorial ?
Pour nous, le niveau régional est le bon niveau. Je le réaffirme ! Ce qui compte, c'est la pertinence du bassin économique. Le département n'est pas pertinent sur un territoire aussi dense que le nôtre. Toute autre initiative serait une initiative d'arrière-garde... Il y aurait une pertinence à s'inspirer de ce que font les chambres de commerce chez nous avec CCI Normandie. Un processus que l'on souhaite voir aboutir dans les meilleurs délais. C'est le canevas dans lequel s'inscrit notre comité directeur. Mais, le combat et la bataille ne sont pas là, notre énergie doit être consacrée à autre chose qu'à des problèmes d'ego d'un autre âge.