Dans le secteur du traitement des déchets, le challenger iHol monte en puissance. Le groupe azuréen vient en effet de lever 2,5 M€ auprès du fonds Midi Capital afin de mieux piloter sa croissance et mener à bien une politique d'acquisition externe initiée cet été avec le rachat de la société varoise Résipur. Fondé à Nice en 2010, le groupe spécialisé dans la conception, la création, l'exploitation et la maintenance d'usines de traitement de déchets ménagers engrange un chiffre d'affaires annuel récurrent de 35 M€, via la gestion de trois sites (Gédéo à Cannes, Azuréo à Carros et Trinéo à Sevran). Sa force tient en une quête continue vers la valorisation maximale du déchet, qui lui permet de revendiquer un taux de valorisation de 70 %, « là où nos concurrents tournent autour de 50 % », indique son dirigeant, Frédéric Capayrou.
Peu de projets structurants
L'enjeu pour iHol est donc de conserver cette avance technologique pour se positionner sur l'exploitation d'unités qui ne pourraient être rentables sans cela. Car, dans un contexte économique restreint, où les projets structurants en matière de retraitement de déchets se réduisent comme peau de chagrin, l'exploitation de nouveaux centres existants constitue le principal relais de croissance du secteur. Or, la concurrence est rude. « On est face à des géants, il faut que l'on se démarque en apportant une valeur ajoutée supplémentaire pour gagner les appels d'offres. Le centre de Sevran en est l'exemple type », souligne le dirigeant. Remporté fin 2013 face au sortant Veolia, le site baptisé Trinéo tri et valorise les collectes sélectives de quatorze communes franciliennes. Sur ce dossier, l'expertise du groupe azuréen en termes de conception et de construction d'usine a clairement joué en sa faveur. À son initiative, le process de production a été entièrement repensé et 3 M€ ont été investis dans la modernisation de l'outil. Sur fonds propres. Après six mois d'exploitation, Trinéo vient d'être triple certifié QSE. Il devrait rapporter à iHol un chiffre d'affaires annuel de 6 M€ pendant cinq ans.
Croissance externe à venir
Autre axe de croissance privilégié, l'acquisition externe. « Nous sommes très attentifs à ce qui se passe au sein des entreprises de notre secteur », confirme le dirigeant. « Nous sommes à la recherche de sociétés qui ont soit des marchés avec des collectivités, soit des actifs dans la valorisation du déchet comme Résipur. » Le rachat cet été de l'entreprise varoise, spécialisée dans le traitement des déchets ménagers assimilés, présentait un double intérêt pour le groupe : mettre la main sur un outil industriel en cours de construction tout en se positionnant sur le segment des déchets industriels banals (papier, carton, bois), où il n'était pas encore présent. Résipur devrait réaliser un chiffre d'affaires de 3 M€ en 2014, et de 5 M€ en 2015.
Transition énergétique
Reste, enfin, la question de l'énergie, prise à bras de corps par le groupe dès sa création. « Nous avons basé notre développement sur le postulat que le déchet peut être utilisé pour partie comme une source d'énergie verte de proximité », explique Frédéric Capayrou, dont les équipes ont mis au point un combustible solide de récupération, Valor +, labellisé à partir d'ordures ménagères. Depuis 2012, quelque 12.500 tonnes de Valor + sont produites chaque année sur le site Azuréo, à Carros, pour alimenter deux cimenteries régionales. « L'étiquette déchet nous contraint pour l'heure à aller sur des installations autorisées, limitées aux incinérateurs et aux cimenteries. Toutefois, la loi de transition énergétique, à laquelle est associé le volet traitement de déchets, semble nous donner raison et devrait faire sauter les verrous administratifs », pronostique le dirigeant. Et ainsi ouvrir aux combustibles de substitution de nouveaux marchés, notamment celui des chaudières biomasse qui alimentent les réseaux urbains.
iHol
(Nice) Dirigeant : F. Capayrou CA 2014 : 35 M€ 150 personnes Tél. : 04 93 18 51 91 @email