Jean-Noël Hue, c'est le spécialiste des dossiers atypiques. Depuis son cabinet de Saint-Lunaire, le courtier en assurances s'est spécialisé dans les marchés de niche à très forte valeur ajoutée. Au tableau de chasse de celui qui est agréé Lloyds (fameux groupe bancaire et d'assurance britannique): la couverture du risque d'annulation du mariage de la Princesse de Savoie, l'assurance de châteaux pour des collectionneurs ou, très compliqué, de discothèques en France. Des lieux que peu d'assureurs veulent couvrir.
Inventeur de polices
Que l'on ne s'y trompe pas, Jean-Noël Hue n'engage pas son cabinet breton dans de si gros dossiers. Courtier, il invente des produits d'assurances pour des marchés de niche qu'il tente ensuite de vendre à des assureurs et, depuis peu, des réassureurs internationaux. «Car l'assureur français n'est pas joueur, explique-t-il. En revanche, en Grande-Bretagne, tout est assurable mais ça a un prix.» Aujourd'hui, Jean-Noël Hue travaille avec des réassureurs à la Barbade, aux États-Unis, à Chypre... «On peut demander beaucoup plus au réassureur et il va couvrir le monde entier. Résultat, on peut s'attaquer à de plus gros marchés».
Un marché qui fait peur
Dernière idée du Breton: les maisons en bois. Avec son associé Yann Cordonnier - installé à Orléans - Jean-Noël Hue a fait un constat simple: l'explosion des pavillons bois. Un marché que peu d'assureurs français veulent aujourd'hui couvrir car il fait peur. Après avoir monté le dossier avec des réassureurs, les deux associés ont déjà convaincu un "pavillonneur" canadien de souscrire à leur contrat pour le marché français et bientôt européen (décennale, responsabilité civile...). «Et on est en négociation avec le ministère du logement canadien», précise le courtier. En parallèle, Jean-Noël Hue commence à développer des garanties spécifiques sur le marché du photovoltaïque (bris de machine et perte d'exploitation). Côté chiffres, le courtier tire ses revenus des commissions sur les contrats signés par les assureurs. Et il n'engage évidemment pas ses deniers en cas de sinistre, comme ce fut le cas, il y a quelques années, quand des assureurs ont perdu 40millions de francs sur des sinistres de discothèques pour lesquelles il avait conçu les contrats. «Je ne peux pas perdre sinon ma crédibilité», confirme Jean-Noël Hue. Depuis vingt ans qu'il est actif à l'international, s'il prodiguait de mauvais conseils, le courtier de Saint-Lunaire ne serait plus sollicité par les assureurs et réassureurs depuis bien longtemps...
Courtier en assurances à Saint-Lunaire, Jean-Noël Hue vise un nouveau marché: les maisons individuelles en bois.