Hôtellerie-restauration : Décélération pour les 24heures
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Hôtellerie-restauration : Décélération pour les 24heures

La semaine des 24H subit les effets de la crise. Des restaurants moins remplis et des chambres libres en bordure du circuit, cela ne s'était jamais vu.

«En 16 ans, c'est la première fois qu'il me reste des chambres libres», constate avec désappointement Jacques Blanchet, propriétaire de l'hôtel Arbor. Idéalement situé sur la ligne droite des Hunaudières, son établissement faisait le plein les années précédentes. En 2009, particuliers et sociétés ont limité les frais. Si les pilotes de Peugeot ont gardé le pied au plancher durant toute la course, beaucoup d'entreprises ont au contraire mis la pédale douce sur la communication. Résultat: moins de clients invités, moins de dîners, moins de soirées, moins de nuitées... «En période de difficultés économiques, il semble malvenu de dépenser de l'argent aux 24H duMans», constate avec lucidité Jean-Paul Hennin, président de la CPIH 72 (Confédération des professionnels indépendants de l'hôtellerie). Il est encore trop tôt pour faire les comptes, mais tout indique que le chiffre d'affaires des hôteliers, cafetiers et restaurateurs s'en ressentira. «Habituellement, les 24H duMans nous apportaient l'équivalent d'un 13è mois en chiffre d'affaires. Cette année, pour beaucoup de nos adhérents, ce ne sera pas le cas. Certains enregistrent même une baisse de leur activité de 40%», déplore Jean-Paul Hennin.




Augmentation des liquidations judiciaires

Ces 24H duMans, moins lucratives que d'ordinaire, ne sont que la partie visible de l'iceberg. Pour nombre de petites entreprises, la décélération brutale de l'activité remonte à fin 2008. À la CPIH, qui rassemble 190 adhérents (hôtels, restaurants, bars, cafés et discothèques), on ne cache pas son inquiétude. «Durant le 1er trimestre 2009, nous avons enregistré chez nos adhérents 20 dépôts de bilan, dont plusieurs liquidations judiciaires immédiates». En cause: la baisse des dépenses chez les ménages, l'interdiction de fumer qui pénalise les bars-tabacs, la surcapacité hôtelière qui conduit à brader le prix des chambres. «Le taux d'occupation de l'hôtellerie en Sarthe a atteint seulement 56% en 2008. Même les hôtels économiques souffrent», constate Jacques Blanchet. Reste à espérer que la baisse de la TVA, effective depuis le 1erjuillet, redonne le sourire aux restaurateurs. «À condition que notre coût matière ne continue pas d'augmenter. Sinon, nous aurons du mal à répercuter cette baisse dans nos tarifs», prévient Jean-Paul Hennin.

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