Hôtellerie : Optez pour l'originalité
# Conjoncture

Hôtellerie : Optez pour l'originalité

Lassé de l'hôtellerie traditionnelle et du restaurant quotidien? Pour rompre avec les habitudes, quelques pistes d''hébergement sortant des sentiers battus.

L'appart-hôtel Développé depuis des décennies dans les pays anglo-saxons, initié en France par les stations de montagne il y a quarante ans, le concept de la résidence urbaine est apparu en France au début des années 80 mais a véritablement explosé depuis le début des années 2000. «Le secteur a connu 100% de croissance depuis 2003», même si la crise et le rabotage des avantages fiscaux liés au locatif se traduisent par un ralentissement des investissements», affirme Jean-François Ramé. Il est le cofondateur et P-dg de Cityzenbooking, site français de réservation en ligne d'apparts'hôtels urbains. Une résidence urbaine offre la possibilité de louer du studio à l'appartement quatre à cinq pièces voire des villas meublées et équipés notamment d'une cuisine ou kitchenette pour des périodes courte, moyenne ou longue durée. Hors Paris qui joue la parité, la clientèle est à 70% professionnelle contre 30% aux touristes. Le séjour moyen y est de sept nuits en France contre 1,5 à 1,8 nuit pour l'hôtellerie traditionnelle. Les Français optent plus facilement pour le studio dans une résidence deux ou trois étoiles, quant au niveau mondial, le choix porte plutôt sur des T2. L'un des grands intérêts de la formule est la dégressivité des prix - souvent à partir de la quatrième nuit puis, selon les enseignes, à la 10e puis 28e, etc. Autre atout: le côté "home sweet home" avec des surfaces moyennes autour d'une vingtaine de m² pour un studio. Mais aussi la possibilité de cuisiner soi-même ses propres repas (pas inintéressant financièrement, y compris pour l'entreprise); ou de se faire livrer un plateau et des services à la carte. La France compte aujourd'hui près de 500 résidences urbaines pour environ 50.000 logements. Le site Cityzenbooking reçoit entre 100.000 et 150.000 visiteurs par mois pour environ 3.000 transactions pour un tarif moyen constaté de 90€ la nuit. Pour les destinations plus lointaines, l'aisance est encore plus accessible: 100€ la nuit pour un studio de 60m² (!) à Shanghai avec des services de rêve.




Gîtes et chambres d'hôtes

«Même si ce n'est pas notre coeur de cible, nous constatons qu'une part non négligeable de la clientèle est constituée de professionnels en déplacement», explique François Jock, chargé de communication chez Gîtes de France. Les gîtes sont plutôt réservés pour des déplacements longs ou de groupes tandis que les chambres sont mieux adaptées aux courts séjours, notamment dans les zones où l'offre hôtelière est faible. Premier argument: les tarifs, les chambres premier prix étant souvent moins chers qu'en hôtel. Opter pour ce système, c'est aussi rompre la solitude, découvrir de nouveaux horizons et échanger avec les propriétaires autour du petit-déjeuner ou du dîner autour de la table d'hôtes. Avec parfois le dépaysement en plus: roulotte dans le Lot, cabane dans les arbres en Bretagne ou en Corrèze, ancienne minoterie dans le Tarn. Des efforts sont engagés par de nombreux propriétaires en offre WiFi ou internet. Cette solution ne se résume pas aux charmes de la campagne ou des bords de mer avec une offre de plus en plus importante dans les villes - au grand dam des professionnels de l'hôtellerie à Paris, par exemple. Gîtes de France développe ainsi une offre City Break. Dans la capitale, justement, le réseau propose trois produits haut de gamme dont des chambres dans un manoir enchanteur du XIXe arrondissement, dans le quartier des Buttes Chaumont. Avec confitures et gâteaux maison à faire pâlir les plus gourmands. À partir de 135€ la nuit pour deux personnes.




Et les monastères?

Et si la vie ne se résumait pas au business? Pourquoi ne pas profiter d'un déplacement professionnel pour nourrir sa réflexion spirituelle ? De nombreuses congrégations offrent gîte et couvert pour des tarifs souvent plus que raisonnables. À conditio

n d'accepter de se priver du luxe ostentatoire et savoir faire abstraction pour quelques heures de ses "outils de mobilité": le WiFi n'est pas garanti. Mais l'efficacité y perd ce que l'âme peut y gagner!

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