Heschung, l'entreprise familiale créée en 1934 en Alsace du Nord à Steinbourg, en est à la troisième génération. À chacune sa particularité mais toutes ont préservé le savoir-faire de la marque, les cousus norvégien et goodyear. Eugène Heschung s'est fait connaître en produisant des chaussures de travail ferrées utilisées pour descendre les grumes de bois des forêts vosgiennes. Son fils Robert s'est distingué dans les chaussures de ski en fournissant l'équipe de France aux Jeux olympiques d'hiver en 1968 et en 1972. Pierre Heschung, le petit-fils, est entré dans l'entreprise dans les années 1980 et a relancé la marque en développant « des modèles chic pour hommes et femmes mais pas ostentatoires » selon Sophie Dubreuil, responsable marketing et e-business chez Heschung. La société a réalisé en 2013 un chiffre d'affaires de 13,2 M€. Les prévisions pour la clôture de l'activité 2014 sont similaires à l'année précédente.
Une marque confidentielle
La marque discrète, qui produit près de 70.000 paires de souliers par an, est sollicitée ponctuellement pour des commandes spéciales par des noms comme Look-collection, Carhartt ou récemment Adidas. Les produits Heschung ont tout d'abord été diffusés dans des enseignes multimarques, dans le magasin d'usine à Dettwiller, puis à travers la création de boutiques propres à la marque. La première a été ouverte à Lyon. En 2014, trois boutiques ont vu le jour, dont une à Hambourg, la première à l'étranger hormis le " Corner " Heschung présent depuis 20 ans dans la chaîne de grands magasins Barneys à New-York. Le réseau compte désormais onze points de vente et l'objectif est de le doubler d'ici cinq ans. L'exportation représente 26 % des ventes et la marque s'est taillé une place sur le marché canadien, alllemand, russe, ukrainien et aux États-Unis « là où les conditions climatiques sont rudes », sourit Sophie Dubreuil. En Asie, la marque se développe sur le marché japonais.
Miser sur l'e-commerce et les nouveaux médias
En 2015, Heschung poursuivra sa stratégie de développement avec l'e-commerce. Ce levier de croissance représente 10 % des ventes, qui ont par ailleurs progressé de 30 % en 2014 sur ce support. La société, dont l'actionnariat est familial, réalise ses investissements sur fonds propres. La modernisation de l'outil de production qui date, pour certaines machines, des années 1950 est envisagée. « La refonte du site internet nécessitera elle aussi un investissement afin de l'utiliser comme un média en diffusant du contenu complémentaire au produit » explique Sophie Dubreuil.
Un site en Hongrie
La société compte 180 salariés, répartis à Dettwiller et dans les ateliers de Steinbourg et de Hongrie. « Les compétences sont les mêmes sur les deux sites de fabrication, si ce n'est un coût de la minute moins élevé en Hongrie » explique la jeune femme qui défend un message.
« Nous ne revendiquons pas à tout prix le " Made in France ". Au contraire, nous allons chercher le meilleur là où il est pour l'assembler avec notre savoir-faire précis ». La société se fournit auprès de deux tanneries alsaciennes, Haas et Degermann et également en Italie. « La sélection des fournisseurs est drastique, nous ne dérogeons pas à cette règle. Malgré le doublement du cours du cuir en deux ans, dans un premier temps, nous ne l'avons pas répercuté sur nos produits. Nous devons tout de même augmenter les prix pour conserver une production correcte. Il s'agit d'une lutte de tous les jours ! » confie Sophie Dubreuil. L'arrivée de nouvelles compétences confirme la stratégie de développement de la marque, qui ne semble que peu craindre la concurrence, tant le savoir-faire du cousu norvégien se limite à quelques noms en France, comme Paraboot ou Weston. Le recrutement en cours d'un directeur qualité en fait partie.
Heschung SAS
(Dettwiller) Président : Pierre Heschung Effectifs : 180 salariés CA 2013 : 13,2 M€ 03 88 91 41 37