Le repreneur. A 51 ans, Joël Korsakissok est devenu en mai le président et l'actionnaire majoritaire de Silicom Labs, qu'il a rebaptisée Syntony. Cet ingénieur Supelec de formation était le directeur de Silicom Toulouse de 1994 à 2014, après en avoir été le directeur technique en 1991 et avoir travaillé en sous-traitance de l'ESA en Allemagne auparavant. Il a racheté les parts de Silicom Labs avec son épouse, Béatrice Korsakissok, 47 ans, qui en devient la vice-présidente. Un profil plus aéronautique pour cette associée puisque cette dernière a passé 14 ans au sein d'Airbus, d'abord pour des missions de marketing et de leasing, puis au sein du cabinet du P-dg d'Airbus, à la stratégie et à la communication. Aujourd'hui, pour se préparer à cette nouvelle fonction, Béatrice Korsakissok suit la formation Métier : dirigeant à TBS.
Les défis de la reprise. Le reprise de Silicom Labs ne s'est pas faite sans difficultés. Cette filiale toulousaine de la société Silicom spécialisée dans les prestations d'ingénierie liées au signal et aux télécommunications, avait été créée fin 2012 pour développer une activité produits. Après avoir échoué à lever des fonds pour financer cette activité, les actionnaires de Silicom s'étaient finalement tournés vers des industriels susceptibles de racheter en partie la société. « Plusieurs acheteurs français et américains ont montré leur intérêt mais la transaction n'a pu aboutir avec aucun d'entre eux », raconte Joël Korsakissok, vice-président, qui a finalement proposé de racheter cette dernière, avec son épouse. Après une longue phase de négociation puis de sollicitations de financements auprès des banques, le rachat a enfin été signé le 7 mai 2015, pour un montant confidentiel (quelques centaines de milliers d'euros).
Les perspectives de Syntony. La TPE s'est installée à Colomiers, avec dix salariés. « Après un chiffre d'affaires de 350 K€ euros en 2013, nous avons atteint 750 K€ euros en 2014. Mon business plan prévoyait de réaliser 1,5 million d'euros en 2015 mais nous allons probablement multiplier notre chiffre d'affaires par trois ou quatre ! » Ciblant le secteur aéronautique, spatial et défense, Syntony développe des récepteurs GPS/Galileo en radio-logicielle, moins coûteux et plus flexibles que les récepteurs concurrents. À l'horizon 2020, Joël Korsakissok espère bien « mettre son récepteur partout » : dans les voitures, les camions, les grues... et les smartphones. « J'ai rencontré Apple, Samsung et Motorola qui m'ont confirmé leur intérêt », confie-t-il. Reste à financer cette extension de marchés, à travers une levée de fonds en cours de préparation. Et ce n'est pas tout. « J'envisage une opération de croissance externe : j'ai déjà une cible à court terme, qui est très ambitieuse ! »
www.syntony.fr