Si Guillaume Richard n'est pas Sarthois, il est résolument tombé amoureux du département à son arrivée, il y a cinq ans: «Il y a ici une qualité de vie exceptionnelle. Je vis dans un vieux moulin à eau au sud duMans avec les odeurs et les bruits de la campagne. Quand je rentre le soir, je suis dans une maison de vacances! Cela me permet de déconnecter plus vite». Né à Rouen en 1973, Guillaume Richard est parti vivre à Bruxelles avec ses parents à l'âge de quatre ans. S'en suivront cinq années à Paris puis quatre à Londres. À 18 ans, il revient en France pour intégrer une prépa HEC, à Paris. Les raisons de tant de déménagements? Son père était directeur de la stratégie et vice-président monde New Holland (machinisme agricole). Femme au foyer, sa mère a élevé cinq enfants. Famille nombreuse donc... «famille heureuseaussi, oui!», coupe le P-dg.
Le Roi Vert
Et lorsque l'on demande à Guillaume Richard comment il est devenu président du groupe O2, on comprend vite que ce n'est pas par hasard: «Depuis l'âge de 11 ans, je veux absolument créer mon entreprise. Tout mon cursus a été par la suite basé là-dessus». Un déclic pour avoir si tôt cette idée en tête? «Oui... J'avais lu «Le Roi Vert» de Paul-Loup Sulitzer», avoue en souriant celui qui est aujourd'hui à la tête des 120agences O2 réparties sur le territoire national. Sous son air décontracté, Guillaume Richard serait donc plutôt du côté des déterminés. Après ses deux ans de prépa, il intègre l'Edhec, à Lille. «Une ville agréable mais qui comporte les mêmes inconvénients que Paris au niveau de la vie de famille, et pas forcément les avantages». À la sortie de l'école, il décroche son premier poste en tant que contrôleur de gestion puis contrôleur de projet à la Française des Jeux. Trois ans plus tard, il démissionne pour créer un projet de plateforme multi-services, qui n'est autre que l'embryon d'O2 (voir ci-contre). Parallèlement au poste d'adjoint au directeur d'exploitation qu'il occupe par la suite chez Relais H, le projet O2 se dessine. «Pendant le premier semestre 2004, je n'ai pas vu le jour! Je rentrais du bureau à 21heures et j'enchaînais sur le projet O2, de 22heures à 3heures du matin». Et le rêve d'enfant du futur entrepreneur commence à prendre vie. Le 30juin 2004, la SAS O2 développement est créée.
Une leçon d'humilité
«C'est pourtant une vraie leçon d'humilité que de passer du statut de salarié/cadre sup' à celui d'entrepreneur: baisse de revenus, du niveau de vie, absence de vacances, etc. Pour se lancer dans l'aventure, il faut, je pense, avoir un certain sens de la mégalomanie, doublé d'un niveau de confiance en soi et d'inconscience assez élevé». Traits de caractère qu'il semble posséder, donc.
Aujourd'hui à la tête d'une entreprise en plein essor, Guillaume Richard assume complètement son côté corporate: «Oui je vis O2, je dors O2 et je mange O2, c'est vrai!». Il s'amuse même à collectionner tous les objets à l'effigie de son entreprise, jusqu'aux maillots de foot d'Arsenal à l'époque où l'entreprise était sponsor. Sans compter que sa femme, avec qui il a deux filles de 4 et 8 ans, est directrice administrative et financière du groupe. «C'est un point positif pour nous, sinon le décalage serait trop important!».
Leader français
À 35 ans, alors qu'il a beaucoup vécu à l'étranger étant enfant et ado, et après cinq ans passés auMans, Guillaume Richard n'aurait pas quelques envies d'ailleurs? «À partir du moment où je fais quelque chose que j'aime dans un endroit que j'aime, je ne vois pas pourquoi je changerais». Bonne réponse. Mais le P-dg ne se repose pas pour autant sur ses lauriers. Il poursuit son objectif qui est de faire d'O2 le leader français sur le secteur des services à la personne. «Ne dit-on pas que l'appétit vient en mangeant?».
A 35 ans, Guillaume Richard est P-dg du groupe O2, regroupant 120 agences de services à domicile en France. S'il s'épanouit dans l'aventure qu'il a montée avec deux associés en 2000, il ne semble pas pour autant vouloir s'arrêter là.
Delphine Talvat