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Guerre au Moyen-Orient : les PME de la communauté française aux Émirats adoptent une "approche prudente"
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Guerre au Moyen-Orient : les PME de la communauté française aux Émirats adoptent une "approche prudente"

Avec 600 à 700 filiales françaises aux Émirats arabes unis, les entreprises sur place font face à une situation de crise marquée par des frappes régulières de l’Iran, dans le contexte de la guerre avec la coalition israélo-américaine.

30 000 personnes travaillent dans les filiales d’entreprises françaises aux Emirats arabes unis — Photo : Harmony Video Pro

Près de trois semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient, les entreprises françaises installées aux Émirats arabes unis (EAU) semblent poursuivre leurs activités sur un rythme presque habituel, selon des acteurs économiques présents sur place.

Une continuité maintenue en dépit des bombardements iraniens sur les infrastructures énergétiques du pays et des désorganisations touchant la chaîne logistique. L'Ambassade de France aux Emirats appelle par ailleurs les résidents et voyageurs à une "vigilance renforcée".

600 à 700 filiales françaises aux Émirats arabes unis

Premier client de la France dans le Golfe, les EAU sont aussi son 3e fournisseur. Les exportations et importations ont atteint 10,8 milliards d’euros en 2025, en hausse constante depuis 2023. 600 à 700 filiales françaises sont présentes dans le pays, employant environ 30 000 personnes, selon le consulat général de France à Dubaï.

"Une résilience impressionnante dans la région"

"Aujourd’hui, la situation aux Émirats est relativement stable. Le gouvernement (local) a passé le message "business as usual", nous regardons ce qui se passe tout en continuant à travailler depuis notre domicile ou au bureau", explique Flavie Paquay, directrice Moyen-Orient d’Altios, PME nantaise qui accompagne les entreprises à se développer à l’international et compte 16 salariés à Dubaï.

Les clients d’Altios aux EAU n’ont d’ailleurs pas modifié leurs activités mais interrogé l’entreprise sur la gestion de leurs collaborateurs et sur la nécessité de leur proposer un rapatriement. Pour Flavie Paquay, ce sang-froid s’explique par l’aptitude du pays à "la prise de décision rapide et par ses ressources financières suffisantes pour absorber les crises". "Il y a une résilience impressionnante dans cette région car elle a l’habitude de faire face à cette instabilité", ajoute-t-elle.

Approche prudente des PME

Dans son brief hebdomadaire du 13 mars, la Chambre de commerce et d’industrie française aux Émirats arabes unis a souligné la "capacité d’adaptation" de la communauté d’affaires française aux EAU. Pour accompagner ses 550 membres, CCI France EAU a organisé, sur une semaine, une douzaine de réunions par secteurs, réunissant 300 personnes.

"Une gestion rigoureuse de leurs dépenses"

Dans ce contexte, les PME de la communauté française "adoptent une approche prudente" selon CCI France EAU. Des projets sont reportés dans l’attente d’une "meilleure visibilité sur l’évolution du marché" afin de maintenir leur trésorerie et revenus".

D’après le rapport hebdomadaire de CCI France EAU, certaines PME privilégient "la liquidité et une gestion rigoureuse de leurs dépenses pour rester résilientes". Une stratégie qui vise aussi à se préparer aux "opportunités potentielles une fois la situation stabilisée".

Des secteurs touchés par les répercussions de la guerre

Malgré cet état d’esprit, certains secteurs sont directement touchés par la guerre. Si le BTP se montre résilient et fait avancer ses chantiers, des défis opérationnels se posent. Avec des délais de livraison rallongés et la hausse des coûts des matériaux, "les entreprises s’attendent à ce que le conflit impacte la performance financière dans les mois à venir", selon CCI France EAU.

600 millions de dollars

Dans le tourisme, le départ massif des voyageurs a un sérieux impact. Selon le World Travel & Tourism Council, la guerre au Moyen-Orient coûte 600 millions de dollars par jour à l’industrie touristique régionale. Plus de 80 000 annulations ont été recensées à Dubaï. Le secteur est impacté avec des hôtels occupés à seulement 20 % de leur capacité ce qui cause des fermetures et des congés forcés pour le personnel.

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