Dans les rendez-vous mondiaux de l’innovation (les salons VivaTech en France ou le Consumer Electronics Show à Las Vegas aux États-Unis), les projecteurs sont braqués sur les start-up. Pourtant, les PME elles aussi innovent. En France, elles ont déposé plus de 2 600 brevets en 2025 (+ 5 % en un an).
Les pratiques ont changé
Depuis trente ans la culture de l’innovation s’est largement répandue et les pratiques des entreprises ont changé. Open Innovation avec les grands groupes, partenariats public privé, collaborations croisées entre secteurs ou univers différents : ces échanges se sont multipliés car tout le monde a intégré que la création ou la disruption sont inspirées par l’interdisciplinarité, la capacité à rapprocher des univers éloignés et l’application de technologie nouvelle à des secteurs inattendus.
Une multitude d’opportunités
Dans un monde en transformation rapide, les chefs d’entreprise ont pleinement intégré la nécessité d’être en mouvement. Innover, s’adapter, pivoter en permanence est devenu un impératif stratégique. Cette période de transition crée une multitude d’opportunités inédites que seules l’agilité, l’audace et une grande ouverture d’esprit permettent de capter.
Une innovation porteuse de sens
Cette dynamique s’accompagne d’une innovation sociétale et environnementale sans précédent. Un nombre croissant d’entrepreneurs s’engagent pour répondre à des défis majeurs : décarbonation, préservation de la ressource en eau, inclusion sociale ou égalité des chances. L’innovation n’est plus seulement technologique ; elle est aussi porteuse de sens et de transformation collective.
Financement et souveraineté
Reste deux enjeux majeurs. D’abord le financement. Les filières se sont structurées, il y a plus d’argent. Mais les besoins demeurent importants.
Ensuite, notre souveraineté. De nombreuses PME qui innovent font l’objet de pratiques déloyales de la part d’entreprises ou de puissances étrangères qui peuvent les fragiliser, les copier ou les déstabiliser. Nous avons donc besoin d’un état fort, qui protège nos entreprises et nos emplois et donne des directions cohérentes et structurantes en matière d’innovation.
Ces constats appellent une réflexion plus large et ouvrent un débat essentiel que nous devrons collectivement porter : l’Europe se donne-t-elle réellement les moyens économiques, financiers et réglementaires de permettre à ses entreprises d’innover, de croître et de rester compétitives dans un environnement mondial de plus en plus concurrentiel ?