En juillet2008, Guénaël Guillerme quittait la présidence d'Eca et l'ensemble de ses mandats au sein du groupe «pour se consacrer à un projet personnel». Il s'était alors donné entre deux et trois ans pour voir aboutir la création ou la reprise d'une entreprise. Cet été, «cela fera deux ans», remarque-t-il avant de dévoiler que sa retraite d'entrepreneur pourrait bien s'achever prochainement avec la création d'une société de services. Son idée: faciliter la mise en relation entre prestataires et clients à travers l'outil internet.
Partir de zéro
Si, pour l'heure, il n'en dit pas beaucoup plus sur l'objet de cette nouvelle aventure, il se confie plus longuement sur sa genèse. Au début, il s'orientait plutôt vers une reprise... Jusqu'au jour où il s'est rendu compte qu'on ne lui proposait que des entreprises du monde de l'industrie navale à reprendre. «Je n'ai pas non plus eu le coup de coeur pour une réelle opportunité, alors j'ai préféré me laisser toute latitude en partant de zéro», ajoute Guénaël Guillerme. S'ouvrir les portes d'un nouveau monde et reprendre des risques. Voilà certainement ce qui motive ce breton d'origine. Mais il remarque toutefois qu'il ne s'éloigne pas à 100% de son bagage de connaissances puisqu'il a pu mobiliser autour de ce projet, non seulement ses compétences en informatique, mais aussi son expérience de dirigeant d'entreprise: «Quand on change de cap, il faut toujours essayer de capitaliser sur certains de ses acquis», remarque-t-il.
Adepte du changement
Changer, voilà un verbe que Guénaël Guillerme affectionne particulièrement. Esprit libre et avide de nouveautés, il avoue s'ennuyer vite et prône le zéro contrainte. Son diplôme d'ingénieur et son master en informatique en poche, ce profil 100% littéraire selon les conseillers d'orientation de l'époque, fait ses premiers pas professionnels chez DCN. D'abord ingénieur informatique sur ses terres bretonnes, il devient ensuite ingénieur responsable de projets de carénages. Il gagne alors le Sud de la France et confie, le sourire aux lèvres, «découvrir enfin la vraie lumière du soleil». Moins de cinq ans plus tard, il fait son entrée chez Eca, où il restera 11 ans, «un record!». Sa mobilité répond à un besoin de liberté, mais Guénaël Guillerme remarque aussi qu'il n'est jamais bon de rester trop longtemps dans une même entreprise et encore moins à un même poste. Et, puis, s'il a quitté Eca, c'est aussi parce qu'il avait accompli sa mission. Devenu P-dg du groupe en 2005 lors de son entrée en bourse, il avait pris l'engagement de doubler le CA de l'entreprise via des développements à la fois interne et externe. «Nous avons utilisé notre cotation pour développer l'entreprise et les actionnaires qui avaient choisi d'investir sur Eca ont été récompensés puisque nous avons tenu nos promesses. Les objectifs atteints, soit je m'engageais dans un nouveau challenge et signais pour 4 nouvelles années, soit je partais. J'ai penché pour la seconde option».
Transmettre son expérience
Cette expérience de terrain, il a choisi dès 2003 de la partager en participant avec d'autres entrepreneurs à la création de la section varoise du réseau entreprendre Paca. Ce qui l'a convaincu de prendre part à cette initiative? «Pouvoir apporter à des créateurs ou des repreneurs notre vécu d'entrepreneur, des conseils de gestion, de management proches de la réalité quotidienne. Et, puis le réseau est aussi une solution formidable pour combattre l'isolement dans lequel se trouvent bon nombre de dirigeants». Il y a aussi trouvé des valeurs et une éthique. Et, depuis la fin de l'année 2008, il préside aux destinées du réseau dans le Var, «les membres ayant bien compris que j'avais un peu plus de temps pour moi».
Connu pour être l'ancien P-dg d'Eca, Guénaël Guillerme est aujourd'hui le président de la section varoise du réseau entreprendre Paca. Épris de liberté et de changement, il met désormais son expérience au profit de nouvelles aventures, celles des autres, mais aussi les siennes.
Hélène Lascols