G.Roux de Bézieux, président de l'Unedic : Chômage: «Pas de catastrophisme»
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G.Roux de Bézieux, président de l'Unedic : Chômage: «Pas de catastrophisme»





Le président de l'Unedic, et par ailleurs patron de Virgin Mobile/Breizh Mobile, était en Ille-et-Vilaine le mois dernier pour l'inauguration du centre d'appels Webhelp, à Étrelles. Entretien avec Geoffroy Roux de Bézieux.


En tant que président de l'Unedic, pouvez-vous nous dire comment se passe la fusion Assedic-ANPE? Techniquement, la fusion aura bien lieu le 2janvier. Sur le plan opérationnel, ça prendra plus de temps. Il y a déjà une centaine de guichets uniques où les locaux ANPE et Assedic ont été regroupés. L'étape suivante sera l'instauration d'un référent unique. En particulier pour les gens éloignés de l'emploi.
Êtes-vous inquiet pour le marché de l'emploi?

Oui, forcément. Les nouvelles ne sont pas bonnes en particulier sur le front industriel. Mais il faut faire attention. Regardons les chiffres. Aujourd'hui, le chômage remonte, mais il remonte légèrement. Je ne suis pas naïvement optimiste mais il y a un point qu'il faut prendre en compte: c'est la démographie favorable dans les années qui viennent. Il y a cinq ou six ans, il fallait 300.000 créations d'emplois pour maintenir le chômage à son niveau. Aujourd'hui, avec 50.000 créations d'emplois, on le fait baisser. Même avec une croissance de 0,2% en 2009, on aurait 70.000 chômeurs de plus. C'est beaucoup mais ce n'est pas le chômage de masse qu'on pourrait craindre. Il faut être réaliste, mais pas catastrophiste!




Pour ce qui concerne le groupe que vous dirigez, où en êtes-vous avec vos deux marques d'opérateurs mobiles virtuels?

On a passé le cap du million de clients en septembre. 100.000 pour Breizh Mobile et le reste pour Virgin. On croît de 20 à 25% chaque année.


Comment se porte Breizh Mobile?

Breizh a été lancée en 2004, un peu comme un marché test car on n'avait pas les moyens de lancer une marque nationale. Ça a plutôt pas mal marché. À tel point qu'on relance Breizh ces jours-ci.


De quelle façon?

On a fait une nouvelle gamme, avec une tarification plus agressive. On est plus orienté low-cost.


Et sur le plan financier, comment vous situez-vous?

Omer Télécom (qui regroupe Virgin et Breizh Mobile, ndlr) va réaliser un chiffre d'affaires de 200M€ cette année, contre 120 à 130M€ en 2007.


Quels sont vos résultats?

On est en perte assez significative mais elles sont prévues et assumées. Si on arrêtait de recruter des clients et de grandir, on arrêterait de perdre de l'argent car tout nouveau client nous coûte plus qu'il ne rapporte dans les premiers mois. Mais on va continuer de grandir afin d'atteindre une taille critique.


Qui se situe...

Entre 1,5 et 2millions de clients.


À quelle échéance comptez-vous les atteindre?

Deux à trois ans me paraissent être une échéance raisonnable.


Les MVNO (mobile virtual network operator) se mobilisent aujourd'hui pour faire bouger la réglementation. Pourquoi?

La première étape a été l'ouverture du marché aux MVNO en juin2004. 2,7millions de clients ont été conquis par les opérateurs virtuels en quatre ans. Depuis un an, on fait du lobbying pour passer à une deuxième étape. Il faut faire sauter un certain nombre de clauses comme la clause d'exclusivité (un MVNO est aujourd'hui contraint d'acheter des minutes à un seul et même opérateur parmi ceux qui sont aujourd'hui propriétaires de pylônes, ndlr). Le Premier ministre a saisi le conseil de la concurrence. Le rapport, qui date de juillet, préconise de reformer les contrats.


Vous pensez que Bouygues, Orange ou SFR vont le faire?

On est raisonnablement optimiste. Les négociations ont commencé.


Que pensez-vous de l'instauration de la taxe (0,9%) sur les opérateurs de téléphonie mobile pour financer l'audiovisuel public?

On sera taxé sur notre chiffre d'affaires au même titre que les gros opérateurs qui gagnent de l'argent. C'est complètement scandaleux!

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