Des entreprises qui recherchent de plus en plus de flexibilité et des salariés qui, eux, sont en quête de sécurité, les groupements d'employeurs se développent en France depuis une dizaine d'années. Le fonctionnement de ce type de structure est très simple. Il s'agit d'une association à but non lucratif rassemblant des chefs d'entreprise d'un même territoire qui recrute du personnel pour le mettre à disposition de ses adhérents qui n'ont pas la possibilité d'embaucher seuls un salarié à plein temps.
Deux temps partiels= un temps plein
Les salariés du groupement sont liés à ce dernier par un contrat de travail en CDI et partagent leur temps de travail entre deux ou trois entreprises membres du groupement. La mutualisation des temps partiels débouche ainsi sur des temps pleins. Cette formule répond principalement à deux types de besoins: besoins à temps partiel et besoins saisonniers récurrents. À noter que les membres du groupement sont solidairement responsables des dettes de l'association à l'égard des salariés et des organismes créanciers. «Parmi toutes les nouvelles formes d'emploi, le groupement d'employeurs est sans doute la formule la plus aboutie aujourd'hui, autant pour les salariés que pour les entreprises», estime Joëlle Maccioni, secrétaire générale de l'Institut national des nouvelles formes d'emploi (Innef), organisme spécialisé dans les organisations du travail en France et l'expérimentation des nouvelles pratiques. Pour l'entreprise, le groupement d'employeurs représente de nombreux avantages. «Cela lui permet de gérer ses variations d'activité, de recruter intelligemment en testant éventuellement d'abord dans l'entreprise le salarié en temps partiel pour lui proposer ensuite un CDI à temps plein. C'est aussi la certitude de recruter des gens qualifiés car le groupement effectue une sélection», explique Jérôme Bertin, responsable du pôlemutation et territoires de l'Aravis (Agence Rhône-Alpes pour la valorisation de l'innovation sociale).
Méconnaissance de la formule
On estime qu'il existe aujourd'hui 300 à 400 groupements d'employeurs en France représentant plus de 30.000 emplois. Si cette formule progresse, elle n'explose pas encore totalement. «Les chefs d'entreprise parlent de plus en plus de groupements d'employeurs mais il y a encore une vraie méconnaissance du concept. Beaucoup l'assimilent encore à de l'intérim. Culturellement, certains responsables de PME ne sont pas prêts non plus à partager un salarié avec une autre entreprise», indique Franck Delalande, directeur du groupement d'employeurs Vénétis. Principal inconvénient à la formule du recrutement via un groupement d'employeurs selon Jérôme Bertin de l'Aravis, «le salarié peut avoir certaines difficultés à s'insérer dans le collectif de l'entreprise puisqu'il n'y passe pas tout son temps».
Structure réunissant plusieurs entreprises qui se regroupent pour embaucher du personnel qu'elles ne peuvent pas recruter seules, les groupements d'employeurs se développent en France.