Le Havre
Groupe Setin : L'appel de la course au large
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Groupe Setin : L'appel de la course au large

Le spécialiste normand du négoce en quincaillerie a décidé cette année d'associer son nom à un bateau Class 40 qui prendra le départ à l'automne prochain de la Transat Jacques Vabre. Le groupe s'est engagé pour quatre ans auprès du skipper Manuel Cousin.

Le navire de course Groupe Setin prendra le 25 octobre prochain le départ de la prestigieuse Transat Jacques Vabre. La dernière des cinq épreuves dans lesquelles le bateau aux couleurs du groupe de négoce en quincaillerie se sera élancé en 2015. À la barre, Manuel Cousin. Un skipper né à Rouen et qui a fait ses gammes à Saint-Valery en Caux avant de jeter l'ancre de son Class40 aux Sables-d'Olonne, en Vendée. En quête d'un sponsor, il a fait la rencontre d'Éric Setin en fin d'année dernière. Une rencontre qui doit beaucoup au hasard, explique le P-dg du groupe familial qui s'était toujours refusé, jusque-là, à associer le nom de son entreprise à une quelconque opération de sponsoring.

Près 110 M€ de CA en 2014

Implanté au Sud de Rouen (Martot) le groupe Setin, fondé en 1920, est un acteur régional de poids dans le domaine de la quincaillerie. Il emploie à travers une demi-douzaine d'entités, dont le vaisseau amiral Setin qui représente 50 % de l'activité du groupe, près de 500 personnes entre la Picardie et la Bretagne, dernier territoire d'expansion en date pour le groupe qui affichait en 2014 à chiffre d'affaires de 110 millions d'euros. Une présence bretonne renforcée ces dernières années qui n'est d'ailleurs pas étrangère au choix fait par Éric Setin de lancer son groupe dans le grand bain de la course au large.

« Nous manquons encore de notoriété dans l'Ouest »

« Depuis deux ans nous nous sommes déployés sur les quatre départements Bretons ainsi qu'en Loire-Atlantique, sous enseigne Setin », explique le dirigeant d'un groupe qui compte également les enseignes Roimier Tesnière, Quincaillerie Beauceronne, Quincaillerie Picarde et Jorlin. L'agence rennaise a d'ailleurs ouvert ses portes en mars 2014. « Ce sont des nouveaux territoires sur lesquels nous manquons encore de notoriété », reconnaît Éric Setin qui a décidé de franchir le pas et de s'engager dans le sponsoring en grande partie pour soutenir son développement dans l'Ouest.

"C'est une sport d'endurance, de long terme, et c'est important pour une entreprise familiale telle que la nôtre"

« Il y a dix ans, nous étions présents sur une dizaine de départements entre la Normandie et la Picardie. Aujourd'hui, nous sommes plus proches de vingt-cinq ! » Une présence qui a la particularité de s'étendre le long de la façade maritime Ouest. Une raison supplémentaire pour s'engager dans la voile ? « Nous sommes sur un territoire de voileux ; c'était donc évident pour nous de nous associer à ce sport qui a de surcroît l'avantage de véhiculer une bonne image naturelle, un sport de passionnés, moins polluée par l'argent que d'autres ! En plus de cela, c'est un sport d'endurance, de long terme, et c'est quelque chose d'important pour une entreprise familiale telle que la nôtre ».

Un investissement de 150.000 euros

Concrètement, le groupe Setin a fait le choix d'associer son nom et ses couleurs au bateau Class40 barré par Manuel Cousin pour les quatre prochaines années. Un investissement de l'ordre de 150.000 euros qui permet au skipper bénévole de financer la remise en état et l'assurance du bateau dont il est propriétaire, l'inscription aux courses et la mise aux couleurs du sponsor de la voilure et de la coque de l'embarcation. « Un budget raisonnable, juge Éric Setin, abordable pour l'entreprise comme pour ses salariés, surtout dans des temps difficiles » où la progression du chiffre d'affaires du groupe est impactée par la crise du bâtiment.

Des salariés impliqués

Alors au-delà du soutien apporté au skipper, Éric Setin compte également sur l'effet en interne de ce partenariat sportif inédit pour l'entreprise. Une petite dizaine d'employés du groupe se est déjà affairée depuis plusieurs mois à la remise en état du bateau dans sa cale des Sables-d'Olonne, « sur leurs week-ends », rappelle le dirigeant. D'autres seront invités au départ des courses programmées cette année (début des hostilités à Douarnenez en mai) « et certains auront même la possibilité d'y participer ». Au final, même si l'impact de cette opération reste « incalculable », de son propre aveu, Éric Setin se dit « convaincu que ça vaut le coup ».

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