Groupe Pierre Schmidt : L'écotaxe, une menace qui plane sur sa rentabilité
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Groupe Pierre Schmidt : L'écotaxe, une menace qui plane sur sa rentabilité

agroalimentaire Le groupe Pierre Schmidt-Stoeffler a une taille critique qui lui permet de progresser dans un secteur en crise. Mais des nuages pointent à l'horizon.

En faisant l'acquisition successivement de plusieurs entreprises de la région - dont son principal concurrent, Stoeffler en 2009 - le groupe Pierre Schmidt, entreprise à capitaux familiaux, s'est hissé au rang d'ETI, « cumulant la proximité et la réactivité d'une PME et les moyens et la force de frappe d'un groupe », pointe sa présidente, Laurence Cahen. Pierre Schmidt a aujourd'hui une taille critique qui lui permet de mieux résister à la crise que traverse actuellement le secteur de la charcuterie. Mais quelques gros nuages législatifs pourraient considérablement freiner le développement de cette pépite régionale, à commencer par l'écotaxe.




« Devenir le Danone des produits alsaciens »

Disposant de cinq sites industriels dans la région, l'entreprise dont le siège est à Weyersheim (une usine construite en 2008 pour 17 M€), emploie 750 salariés à l'année et jusqu'à 1.000 pour accompagner les pics de production. Elle réalise un chiffre d'affaires de 135 M€ et produit annuellement 32.000 tonnes de charcuteries et produits traiteurs alsaciens, qui se répartissent principalement entre la marque Pierre Schmidt, positionnée sur des produits plutôt haut de gamme et Stoeffler, « notre bateau amiral hors d'Alsace, avec des produits à la fois traditionnels et innovants, comme la choucroute de volailles », pointe la dirigeante. À côté de ces deux marques phares positionnées sur les marchés de la GMS une troisième, Maison Adam, commercialise, elle, ses produits auprès des charcutiers Alsaciens.Le groupe Pierre Schmidt s'affirme aujourd'hui comme le numéro un en France de la charcuterie alsacienne, de la tarte flambée et de la choucroute fraîches. « Nous sommes aussi numéro un sur les tourtes, les produits feuilletés et un acteur majeur sur les aspics (plats en gelée), complète Laurence Cahen : notre ambition d'ici à 10 ans est de devenir le Danone des produits alsaciens : faire partie de la vie quotidienne des consommateurs, être une championne dans son domaine en France et à l'international, à l'image des Mittelstand allemandes ». L'entreprise réalise 10 % de son chiffre d'affaires à l'export, notamment sur la tarte flambée dont le potentiel de développement est important.




Le montant de l'écotaxe sera supérieur au résultat

Au-delà du problème de la traversée de Strasbourg - régulièrement embouteillée - qui pénalise les flux croisés entre ses sites de production et la livraison de ses clients, l'entreprise s'inquiète beaucoup de la mise en place de l'écotaxe. « C'est un coup de massue pour une entreprise de notre taille. Nous avons calculé que le montant que nous devrons versé - au moins 450.000€ - sera supérieur aux résultats qu'on dégage... Des coûts incompressibles car nous sommes loin de nos clients. Si sur le principe, en tant que citoyens, nous comprennons la démarche, on est contre sur la manière. Pris en étau entre un coût des matières premières élevé et des négociations serrées avec la grande distribution, on ne pourra pas répercuter ces coûts sur le prix de nos produits. Nous n'avons pas encore solutionné cet épineux problème », alerte Marc Ruffenach, directeur industriel du groupe.

Pierre Schmidt



(Weyersheim)Présidente du directoire : Laurence Cahen750 salariésCA 2012 : 135 M€03 88 69 24 24

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