Plus que centenaire, le groupe Cahors est une entreprise familiale à fort ancrage régional (3 sites dans le Lot) et de dimension internationale (17 filiales dans le monde). Son métier : les solutions et équipements pour les réseaux de distribution des fluides et les réseaux de communication. François-Xavier Hédon a pris la direction générale de l'entreprise en novembre dernier.
Le Journal des Entreprises : Vous prenez la suite de Michel Hibon qui a dirigé l'entreprise familiale pendant plus de vingt ans. Mission compliquée ?
François-Xavier Hédon : Non, car je suis dans la continuité de la stratégie industrielle du groupe. Je suis arrivé dans l'entreprise en janvier 2015 et j'ai auparavant travaillé dans des ETI et grands groupes. Ce qui m'intéresse dans ce groupe, c'est le fait que ce soit une entreprise familiale (les deux-tiers des actions du groupe sont détenus par trois familles, ndlr) et qu'il y a donc une vision à plus moyen et long terme. L'attention portée au social est aussi une caractéristique intéressante et motivante.
Comment se positionne le groupe sur le marché des réseaux ?
F.X.H : Nous sommes en croissance de 13 % et visons le même taux pour l'année qui vient. Nous sommes effectivement en pleine évolution, voire de révolution. Aujourd'hui, il y a un réel besoin de piloter les réseaux électriques, car le stockage est rendu complexe : nous sommes passés d'un système de production centralisé à une production répartie (avec différentes sources d'électricité) à diriger vers de nouveaux acteurs. Pour cela, il faut connaître la consommation des utilisateurs. D'où les compteurs intelligents, comme le Linky déployé par Enedis et pour qui nous fabriquons les concentrateurs.
Que représente ce marché des compteurs Linky pour vous ?
F.X.H : Nous étions sur cette réflexion depuis cinq ans. Même s'il y a de la concurrence sur le marché, notre taille moyenne et notre avance en R&D nous a permis de nous placer : 20 000 concentrateurs ont été fabriqués dans nos usines et une deuxième commande de plus grand volume (92 000) a été décrochée en septembre dernier. Ces commandes ont nécessité des investissements sur le site de production de Mercuès (dans le Lot) mais aussi un grand effort de R&D : l'effectif du bureau d'études a doublé en cinq ans, avec aujourd'hui 146 collaborateurs dédiés à la recherche.
Un savoir-faire à exporter ?
F.X.H : La filière française Think Smart Grid qui promeut le savoir-faire français à l'étranger dans ces métiers pèse lourd à l'international et permet à Enedis de s'étendre à d'autres pays. Nous comptons les accompagner dans cette démarche. Nous sommes déjà en contact avec la Belgique et d'autres pays limitrophes. Aujourd'hui, sur l'ensemble de son activité, Groupe Cahors réalise 30 % de son CA à l'international. Ce chiffre est amené à grandir.
Et les bornes de recharge pour véhicules électriques ?
F.X.H : Les véhicules électriques sont aujourd'hui choisis pour les petits trajets. Mais lorsque l'on passera aux longs trajets, de plus de 400 km, il faudra anticiper sur l'équipement en bornes de recharge. Nous avions remporté l'appel à projet CORRI DOR, un projet de 200 bornes de charges rapides sur les autoroutes de France (installées fin 2016). Pour la région Occitanie, nous avons un contrat d'installation sur cinq départements de 1 200 bornes.