Groupe Altitude : L'envol d'Altitude infrastructure

Groupe Altitude : L'envol d'Altitude infrastructure

Dans une stratégie de délégation, Jean-Paul Rivière P-dg du groupe Altitude, a décidé de séparer Altitude Telecom et Altitude infrastructure et d'ouvrir le capital de cette dernière à deux de ses collaborateurs.

Jean-Paul Rivière est toujours l'actionnaire majoritaire de son groupe Altitude. Actionnaire à 100% d'Altitude Telecom, dont le siège est à Mont-Saint-Aignan, il a simplement décidé d'ouvrir un peu le capital de sa filiale Altitude infrastructure, opérateur d'infrastructures et spécialiste de l'aménagement numérique des territoires, basée à Val de Reuil (Acte de naissance officiel en date du 1erjanvier), à deux de ses collaborateurs et à hauteur de 2%. «Les deux actionnaires d'Altitude infrastructure, David El Fassy et Fabrice Ballart ont vocation à augmenter leur participation dans le capital. C'est une stratégie de délégation, car à 59 ans, il faut que je commence à préparer la suite».




Altitude infrastructure

Les deux nouveaux actionnaires d'Altitude infrastructure ne sont pas des novices puisqu'ils sont arrivés à la génèse du groupe Altitude. Embauché en 2000, David El Fassy devient rapidement responsable commercial et depuis septembre2009, il est président d'Altitude infrastructure: «J'ai construit ma carrière dans le groupe», aime-t-il à rappeler. À l'image du directeur général Fabrice Ballart avec lequel il a vécu les grandes étapes de la filiale du groupe Altitude. Altitude infrastructure dispose de plusieurs types de marchés: celui du service avec par exemple la création de stations Wimax (réseau haut débit sans fil), la délégation de service public, et le partenariat public-privé: «Un bon compromis pour un risque partagé entre l'opérateur et la collectivité». La zone de chalandise d'Altitude infrastructure s'étale essentiellement sur le monde rural où les besoins se font sentir face aux nombreuses zones blanches existantes. «C'est la technologie qui nous paraissait être le meilleur rapport qualité/prix pour couvrir rapidement un département. L'objectif c'est de fournir toutes les personnes qui n'ont rien ou celles qui ont juste 512kb». Et sur ce créneau, Altitude dispose d'une cible de 2millions de foyers avec 600.000 foyers non reliés. «De plus, nous avons le projet France haut débit prévu pour 2012 qui prévoit 2Mb pour tous».




Pas seulement du Wimax

David El Fassy se bat contre l'idée reçue qu'Altitude infrastructure ne développe que du Wimax: «On a toujours cherché à nous coller cette étiquette. Mais pour couvrir l'ensemble d'un territoire efficacement, il faut marier toutes les technologies, à l'image de ce que nous avons réalisé dans le département de l'Eure. Ainsi, une zone rentable se compose de fibre, ADSL, Wifi et réseau satellite». Au-delà d'être un aménageur du territoire, Altitude infrastructure est aussi opérateur d'opérateurs, c'est-à-dire que l'entreprise commercialise ses réseaux qui eux-mêmes fournissent des services.




Altitude infrastructure demain

Altitude infrastructure dispose de 17 réseaux d'initiatives publics qui sont autant de réseaux à commercialiser pour les autres opérateurs. Mais l'un des plus gros challenges d'Altitude infrastructure c'est de prendre le virage du très haut débit, soit 100 Mb/s. «L'estimation du coût pour la couverture totale du territoire est de 40milliards d'euros sur trois zones. Les zones très denses où il n'y a pas besoin d'investissements publics pour aménager, via le développement de réseaux FTTH, une technologie visant à remplacer les technologies DSL en installant de la fibre optique jusque chez l'abonné. Également les zones moyennement denses où les fonds privés ne suffiront pas et les zones blanches. Sur les zones rurales, l'aménagement sera réalisé via les fréquences hertziennes de la télévision libérées avec le passage à la télévision numérique». Objectif de David El Fassy: continuer à couvrir le monde de la ruralité où les grands opérateurs ne vont pas: «Et quelle que soit la technologie». Autre piste de développement, le marché de la vidéo surveillance: «Avec la possibilité d'utiliser nos bornes Wimax. Et nous sommes déjà positionnés sur plusieurs appels d'offres». L'international apparaît comme un autre marché potentiel pour le jeune dirigeant: «Pour l'instant nous sommes sur les pays d'Europe de l'Est, soit la partie sous-développée de l'Europe en terme de haut-débit, et pour se développer vite ils doivent s'orienter vers le hertzien. Aujourd'hui, nous avons cinq cibles pour lesquelles nous avons un plan de bataille dont la Hongrie et la Bulgarie. Mais nous sommes aussi sollicités par l'Union de la Méditerranée et l'Afrique noire».



Sébastien Colle