Gris découpage : Parée pour la relance
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Gris découpage : Parée pour la relance

À Lesménils, Gris découpage, spécialisée dans les rondelles techniques de fixation et les composants mécaniques, a fait le dos rond mais entrevoit la fin de la crise. Avec 150.000€ d'investissement en 2009, elle est prête pour la relance. Isabelle Kurth

En 1984, Francis Gris, fort d'un passé de cadre dirigeant dans une filiale de la sidérurgie, décide de créer sa propre société, Gris découpage. «De par mon ancien métier, j'avais approché le marché de la rondelle. J'ai donc décidé de créer ma propre activité dans ce domaine.» En investissant dans un bâtiment, du matériel et un process de fabrication innovant. «Cela m'a permis d'avoir une productivité optimale de 400.000pièces par heure, alors que mes concurrents affichaient 15à 25.000pièces.»




Croissance externe

Avec, depuis une quinzaine d'années, un million de pièces par heure, Gris découpage a connu un développement rapide. «En 1984, la production concernait exclusivement les rondelles plates. En 1991, j'ai opté pour une croissance externe en rachetant, en région parisienne, Nicolle, entreprise spécialisée dans la fabrication de rondelles ressorts.» Suite à une expropriation, Francis Gris décide de rapatrier cette activité sur Lesménils, en 1994. «Nous avons construit des locaux de 5.000m². Tout a été regroupé sous le nom Gris découpage. Cela a été un nouveau point de départ. Celui de la couverture de l'ensemble des besoins de la fixation.» En 2005, nouvelle opération de croissance externe avec l'acquisition de MGE près de Saint-Étienne (Loire) et de sa filiale slovaque Motokom. «Elles étaient spécialisées dans le découpage et l'emboutissage. L'idée était de créer une synergie avec Gris découpage.» Mais peu de temps après, le marché baisse de 15%. Et l'activité se retrouve délocalisée sur les pays de l'Est. «Comme nous sommes sur un marché de niche, décision a été prise de nous recentrer sur notre métier de base. Nous avons donc revendu ces deux sites l'année dernière.»




Croissance à deux chiffres

Avec pour slogan «La solution rondelle», la SAS connaît depuis une progression continue. «En moyenne, sur 10ans, nous avons une croissance de 9% par an. Sur les cinq dernières années, nous arrivons même à 11%.» Des résultats pour lesquels le Lorrain avance deux explications. «Nous avons apporté quelque chose de nouveau sur ce marché. Et nous avons mis en place, dès 1993, une démarche d'amélioration continue.» L'objectif étant de satisfaire au maximum les clients. Cette démarche passe par l'obtention de certifications qualité AFAQ ISO 9001 et les certifications automobiles successives, ancêtres de l'actuel ISO TS 169499 (cette dernière étant un sésame pour pouvoir travailler avec le secteur automobile dans le monde entier).




Développement durable

«Nous avons adhéré en 2006 au pacte mondial de l'ONU, le Global compact.» Une initiative internationale de promotion de la responsabilité civique des entreprises. «En 2007, nous avons instauré également une politique de développement durable.» De quoi obtenir la certification ISO 14001. «Nous n'avons pas de problème particulier en matière environnementale. Mais il est important de maintenir les équipes en éveil sur la qualité. En ayant des exigences fortes, on responsabilise le personnel, tout en le rendant autonome.»




Performance interne

Toute cette stratégie s'accompagne d'outils de management spécifiques. «En 1997, nous avons adapté le système japonais Kaizen à notre spécificité. Le but est d'inciter le personnel à apporter des idées nouvelles.» De quoi développer les compétences des salariés qui bénéficient d'un article dans le journal interne de la SAS. Ainsi que d'une mise en avant de trois lauréats par an. En 1999, suivait l'instauration de la GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et compétences). «Cela a été très lourd et ouvrageux. Mais ce système nous a obligés à faire une cartographie de tous les emplois, des compétences nécessaires, de voir si des formations étaient nécessaires. Cela permet de fixer des objectifs tous les ans. Sachant que nous visons la polyvalence, importante dans nos métiers.»

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