Grenoble : Les entreprises se feront-elles entendre ?
# Politique économique

Grenoble : Les entreprises se feront-elles entendre ?

Les débats précédant les élections municipales mettront-ils en avant des sujets économiques sur l'agglomération grenobloise ? Rien n'est moins sûr...

Les transports ! Voilà LE sujet qui mobilise sur l'agglomération grenobloise, aussi bien auprès du grand public que des entreprises, tant les liaisons ferroviaires, aériennes, routières laissent à désirer et desservent mal le territoire. Alors, certes, le câble est annoncé comme une solution pour désengorger les routes mais, là encore, les réunions publiques succèdent aux déclarations sans qu'un calendrier solide ne soit présenté. L'A51, la ligne grande vitesse entre Lyon et Grenoble, l'élargissement de l'A48, et même le prolongement de la rocade au nord de Grenoble sont régulièrement remis sur le devant et font des apparitions dans les communiqués des divers partis en présence. Mais ces sujets font couler de l'encre depuis des années, voire des décennies pour certains, sans que les Grenoblois ne voient d'amélioration.Le statut de métropole pourrait-il alors être le sujet des semaines à venir ? L'enjeu est réel pour les entreprises locales puisqu'il imbrique les questions d'implantation de grands équipements, de déplacements des salariés, de logements, d'emplois. L'économie étant une compétence dévolue à l'agglomération, le changement de statut pourrait influencer les décisions politiques pour diversifier les piliers de l'économie locale. Le développement du tourisme, notamment, est reconnu nécessaire tant par le PS que l'UMP. Sauront-ils donner l'impulsion nécessaire ? Mais là encore, la métropolisation, qui sera effective le 1er janvier 2015, et ses conséquences semblent chose entendue et n'apparaissent pas comme une thématique à mettre sur le tapis.




L'industrie en ville

Alors, l'économie pointera-t-elle dans les débats préélectoraux de l'agglomération grenobloise ? Selon Thierry Uring, délégué général de l'Union des industries métallurgiques, électriques et connexes de l'Isère (Udimec), les industriels attendent des politiques qu'ils prennent en compte leurs besoins de proximité. « Une industrie ne doit pas être loin, au milieu de nulle part, mais au centre de la cité, proche des laboratoires et des universités. Il ne faut pas que des bureaux, des ordinateurs et de l'ingénierie ! Il faut aussi des ateliers de production, des quais de déchargement pour les camions... Et il faut faire comprendre que l'industrie ce n'est pas toujours du bruit ni des nuisances ! »




2 % de taxe supplémentaires

Les entreprises du Sud grenoblois et des balcons de Chartreuse attendent des élus un minimum de compréhension face à la pression fiscale. Elles dénoncent notamment l'application dès ce 1er janvier du versement transport. Cette taxe de 2 % de la masse salariale est due par toutes les entreprises du territoire de la Métro. Mais

elle est nouvelle pour celles dont la commune intègre aujourd'hui le périmètre élargi de l'agglomération. Olivier Six, dirigeant de CIC Orio et porte-parole pour le Medef de ces entreprises, dénonce « la brutalité de la mise en oeuvre qui pèse directement sur nos capacités d'investissement, sur les salaires de nos employés, voire sur l'emploi » et demande « une application progressive avec un étalement sur au moins trois ans ». Le sujet concerne plus de 50 entreprises, d'Avery Denison à Cezus en passant par l'imprimerie Deux-Ponts, soit entre 3.000 à 4.000 emplois.Pour autant, même la fiscalité des entreprises ne devrait pas remuer les foules dans les semaines à venir. Marc Baïetto, président de la Métro, le dit lui-même : « Les sujets économiques qui émergeront dans les débats à venir ? Il n'y en aura pas ! Ce n'est pas la tasse de thé des gens... »

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