Grelier : La famille a décidé de ne plus couver le groupe
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Grelier : La famille a décidé de ne plus couver le groupe

L'enjeu La transmission familiale n'étant pas assurée, l'accouveur Grelier va s'allier avec le Néerlandais Hendrix. Des participations croisées sont envisagées.

Deux ans après leur décision de transmettre le groupe familial, Jean-Marc (55 ans) et Dominique Grelier (52 ans) voient leur souhait se finaliser. Les fils du fondateur de l'entreprise éponyme, créée en 1955, n'ont pas trouvé dans la famille d'enfants pour leur succéder à moyen terme. L'accouveur de Saint-Laurent-de-la-Plaine (poussins, dindonneaux, pintadeaux) a donc recherché 18 mois durant des partenaires. Le 29décembre 2010, il a annoncé être en discussions exclusives avec le groupe néerlandais Hendrix (130M€ de CA; 1.200 salariés), un sélectionneur animal multi-espèces, présent dans plus de 100 pays dont le siège français se situe dans les Côtes d'Armor. L'accord devrait intervenir en juin. Le semestre doit permettre de définir les synergies possibles et le montage financier qui en découle. Cette alliance fera de ce nouvel ensemble (270M€ de CA; 2.000 salariés) un des principaux acteurs d'un secteur déjà très concentré. Pour Grelier, cette opération intervient juste après deux annonces successives: la fin du GIE avec l'accouveur breton Perrot et la cession de GP Ross, département de production grand parentale de poulets de chair, à Aviagen.




Éviter la cession par appartements

Le rapprochement avec Hendrix préfigure inévitablement un rachat, même si dans les Mauges le terme est proscrit. «Le mot ne fait pas peur mais pour le moment la réalité n'est pas celle-ci. C'est trop tôt pour le dire. Nous n'avons pas encore défini les parités, tempère Jean-Marc Grelier, le P-dg. L'objectif c'est la pérennité du groupe, et à ce sujet, nous sommes ouverts à des participations croisées dans les deux sociétés.» Les frères Grelier, qui ne voulaient pas de cession par appartements, ont privilégié une vente globale, à un sélectionneur batave, aux activités complémentaires du distributeur. «Nous n'avons aucun métier en commun. Nous conserverons nos capacités de production (12 couvoirs sur cinq bassins de production en France) et on dispose de services transversaux (logistique, laboratoires) qui les intéressent. De plus, ils sont installés au Canada avec des positions fortes en Amérique du Nord et du Sud alors que nous intervenons essentiellement en Europe», indique Alain Noël, le directeur général de Grelier qui possède deux unités en Pologne et en Hongrie.






L'international sert le marché français

Spécialiste de la dinde (55% de son CA), des oeufs à couver au dindonneau d'un jour, Grelier évolue sur un marché en légère hausse en 2010 (+1,5 à 2%) mais habitué jusque-là à des baisses annuelles de l'ordre de 3%. Le numéro1 européen a donc décidé de faire de l'international une variable de consolidation de ses positions françaises. Après 4M€ l'an passé, l'entreprise envisage d'investir 5,2M€ en 2011 dans son outil de production. «Sur le long terme, la consommation mondiale de volaille augmentera, tirée par le Maghreb, le Moyen Orient, l'Asie... Nous souhaitons conserver 50% d'export. Nous estimons qu'il y a une régularité et une sécurisation des risques avec ces ratios. L'international nous permet de maintenir des prix de revient compétitifs». Dans un contexte d'alimentation des animaux chère (30-45% de hausse des céréales), Grelier fonde sa croissance sur ce délicat équilibre.

Grelier



(Saint-Laurent-de-la-Plaine) DG: Alain Noël CA: 145M€ Salariés: 1.100 Contact: 0241742121 @email

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