Grands ateliers : La construction à l'échelle 1
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Grands ateliers : La construction à l'échelle 1

Les Grands ateliers, pôle d'enseignement, de recherche et d'expérimentation de la construction, offrent depuis dix ans une plateforme unique en Europe. Principalement orienté vers les étudiants, le site s'ouvre également aux entreprises pour leurs expérimentations.

En dix ans, les Grands ateliers ont principalement développé le côté formation du pôle d'enseignement, de recherche et d'expérimentation de la construction. Il faut dire que ce Groupement d'intérêt public (Gip) a réussi à faire travailler ensemble six écoles d'architecture, deux écoles d'ingénieurs, un centre de recherche et trois écoles d'art*. Trois postulats de départ ont fondé les GA: les questionnements généraux et philosophiques sur les produits locaux; la mixité culturelle; le travail en réseau. «Les Grands ateliers ne ressemblent pas à une école, rappelle le directeur, Michel-André Durand. La pédagogie est basée sur des stages d'une semaine avec la création de prototypes à l'échelle1. Nous recevons 6.000jours-étudiants par année universitaire. Notre richesse première, c'est la centaine d'enseignants et de chercheurs, dont des experts de renommée mondiale, qui travaillent ici.»




Cité de la construction durable

Mais depuis ce printemps, les Grands ateliers (GA) adoptent une nouvelle stratégie autour d'une ambition: la Cité de la construction durable. «Vous connaissez la Cité des sciences à Paris, la Cité du design à Saint-Étienne? Vous aurez bientôt celle de la construction à Villefontaine, s'enthousiasme Michel-André Durand. Rhône-Alpes est au coeur de la production de matériaux avec des entreprises comme Saint-Gobain, Serge-Ferrari, Kernéos, Vicat, Lafarge. C'est sur notre territoire que se déroule 60% de la recherche privée française sur les matériaux. Avec le soutien du Pôle d'innovation constructive (Pic), de la CCI Nord-Isère et de l'Epida, il nous faut maintenant développer des ateliers complémentaires qui ne sont pas possibles à traiter aujourd'hui.» Parmi ces ateliers se trouve le projet Amàco, pour Atelier matières à construire, qui bénéficie d'un financement de 5M€ sur huit ans dans le cadre des Initiatives d'excellence en formations innovantes (Idefi). Arches, atelier de prototypes ouvert aux industriels, s'intéresse quant à lui à la R & D de l'assemblage des matériaux. L'association Astus, en cours de création avec le Pic, est un outil pour les industriels soucieux de tester de nouveaux matériaux ou procédés d'assemblage, avec une aide au dépôt de brevet, à la commercialisation et un support de formation continue pour les salariés. Il se veut lieu de collaboration interentreprises et entre corps de métiers. L'Atelier des risques majeurs, pour leur prise en compte dans la conception des bâtiments, et l'Atelier habité, pour développer l'analyse des usages des bâtiments, les comportements des utilisateurs et l'incidence sur les performances des installations, complètent ce panel.




50M€

Si les GA comptent toujours renforcer leurs offres de formation, notamment en permettant un accès aux technologies les plus récentes, ils souhaitent «développer la recherche en cohérence avec le site, créer un lien entre étudiants et recherche pédagogique fondée sur l'expérimentation». Le tout en développant les partenariats et les réseaux. D'où ce projet de Cité de la construction durable. Mais pour cela, le Gip a besoin de financements, un budget global de 50M€ étant avancé. «C'est peu face aux enjeux du développement durable et de la construction neuve, avec la mise aux normes du Grenelle du bâtiment, assure Michel-André Durand. Dans cette perspective, la Cité devient un outil essentiel.» Reste à trouver des investisseurs. L'État? Les collectivités locales? L'Agence nationale de la recherche? «Il nous faut les convaincre du bien-fondé du projet. Mais c'est en période de crise qu'il faut investir dans l'innovation et la R&D». Michel-André Durand admet qu'il faudra passer par un travail sur la communication, aussi bien auprès des institutionnels que des industriels, notamment les PME et artisans. «Ces derniers peuvent trouver chez nous des gens formés, mais aussi des idées pour construire autrement, de la connaissance et du savoir-faire.»


* ENSA de Grenoble, Lyon, Saint-Étienne, Clermont-Ferrand, Montpellier et Paris-Malaquais; ENTPE et INSA Lyon; Centre de recherche scientifique et technique du bâtiment (CSTB); ESAD Grenoble-Valence, ESAD Saint-Étienne et ENSAB Lyon.

Grands ateliers



(Villefontaine) Dir.: Michel-André Durand 7 salariés Budget de fonctionnement: 1M€ 04 74 96 88 70 www.lesgrandsateliers.fr

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