Directeurs de ports, présidents de Conseils régionaux, maires, industriels, armateurs, SNCF, tous s'étaient donnés rendez-vous le 4mai dernier auHavre pour s'entretenir des axes de développements du Grand Paris. Devant une salle du Volcan comble, plusieurs tables rondes se sont succédées, sur les enjeux économiques internationaux, l'identité de l'axe Seine ou encore les mobilités voyageurs et fret.
Un paysage de conteneurs
Invité à s'exprimer sur les enjeux économiques internationaux, Antoine Grumbach, dont le projet d'étendre le Grand Paris jusqu'auHavre, autour de la Seine, a été retenu par la Président de la République, a insisté sur l'importance de la logistique en terme spatial, rappelant qu'Anvers est un territoire couvert d'entrepôts: «Des espaces entiers sont dédiés aux entrepôts car ce sont des zones qui créées de la valeur. Il y a un paysage de la marchandise qui doit être intégré dans l'aménagement des grands territoires». Un positionnement partagé par Hervé Martel, directeur du port autonome de Paris qui précise: «Le trafic de conteneurs nécessite des entrepôts près du fleuve et des voies ferrées: c'est une question de volonté politique». Élément essentiel d'un futur développement réussi pour le Grand Paris, la coordination des trois ports est au coeur des débats. Philippe Deiss, directeur du Grand port maritime de Rouen précise que cette coordination existe déjà au sein du GIE constitué entre Rouen et LeHavre: «Les choses ne se feront que si l'on fonctionne bien à trois, sans oublier Dieppe et Dunkerque». Et Laurent Castaing, directeur du Grand port maritime du Havre, d'insister: «Il y a urgence sur les conteneurs car avec la crise, les cartes vont être redistribuées».
«La dette ferroviaire»
Autre inquiétude pour Laurent Castaing, les problèmes ferroviaires chroniques de la région. «Il faut améliorer le Fret mais aussi les déplacements des passagers: c'est un élément clé du développement économique». Alors que la plupart des métropoles de province ont un accès facilité à la capitale, les temps de parcours et la régularité des trains posent de nombreux problèmes pour Rouen et LeHavre. Un écueil que reconnaît Guillaume Pépy, président de la SNCF, qui parle d'une «Dette» envers les utilisateurs. «Dans le même temps, il y a eu hausse de la fréquentation et baisse de la performance. Notre ambition est de réparer cette dette. Il faut que le réseau grande vitesse bénéficie aux deux Normandies. Mais, ce sera long et coûteux!». Sur le sujet, Jean-Pierre Duport, président du comité de pilotage de la LGV Paris-Normandie, attend la création d'un «Lobbying politique pour faire passer ce projet comme indispensable». Sur l'ensemble de ces enjeux, Antoine Rufenacht, maire duHavre, place le Grand Paris en priorité nationale: «Soit collectivement nous admettons l'évidence maritime, soit on décroche économiquement. Pour rester une ville monde, Paris doit disposer d'un ensemble portuaire compétitif et d'infrastructures indispensables, dont la ligne à grande vitesse sera la colonne vertébrale de notre axe de développement». Laurent Fabius, président de la CREA ne dit pas autre chose en précisant: «Qu'il faut passer des déclarations d'intention à l'action. Notre avenir dépend de notre capacité à agir ensemble mais il nous faut aussi un soutien national puissant avec des moyens massifs et des procédures d'urgence». Quant à Bertrand Delanoë, pour lui «le moment est sans précédent. La façade maritime LeHavre-Rouen est un atout extraordinaire pour relever les défis mondiaux».
Sébastien Colle
www.parisrouenlehavre.fr
Réunis auHavre le 4mai dernier, de nombreux acteurs du monde économique normand sont montés au créneau pour défendre le projet de Grand Paris. Et montrer leur détermination pour que l'axe Seine y prenne toute sa part.