Après avoir mené une carrière de directrice financière dans une entreprise de logistique régionale, Pascale Poupart a subi un licenciement économique. L'occasion pour cette entrepreneuse dans l'âme de se pencher sérieusement sur un projet de reprise. « J'envisageais d'être mon propre patron depuis longtemps. Je n'étais pas figée sur un métier car j'apprends vite et je suis très curieuse. Je cherchais quelque chose du côté de l'Avesnois, où je vis », explique la dirigeante. Après avoir été mise en relation par son notaire avec le dirigeant de l'époque, Pascale Poupart a signé, le 6 juin 2015, la reprise du laboratoire fabricant de prothèses dentaires Goblet Daumas (CA : 2,4 M?, 37 salariés), basé à Fourmies. « J'ai créé une holding qui a racheté les parts avec, dans le tour de table, Grand Hainaut Expansion, Autonomie & Solidarité et Nord Création », indique Pascale Poupart, qui est l'actionnaire majoritaire. Celle-ci a aujourd'hui deux axes de développement en tête : conquérir de nouveaux clients et préparer l'arrivée du numérique dans son secteur d'activité.
La prothèse dentaire 2.0 « Le numérique est en train de faire son intrusion dans notre secteur et il faut piloter ce changement au sein de l'entreprise », affirme Pascale Poupart, en affichant un enthousiasme débordant. Son idée part de l'arrivée sur le marché de la caméra de numérisation intrabuccale. « Les empreintes de la mâchoire telles qu'elles sont prises par les dentisites actuellement, c'est une méthode désagréable et qui manque de précision pour plusieurs raisons : le résultat est conditionné par la préparation de la pâte, l'immobilité du patient, etc. ». Avec cette caméra nouvelle génération, le dentiste peut désormais prendre une photo de la bouche du patient, en lieu et place de l'empreinte traditionnelle, photo qu'il envoie ensuite aux laboratoires fabricants de prothèses. Ces derniers peuvent alors imprimer en 3D l'empreinte à partir de laquelle ils feront la prothèse. « Tout l'enjeu va être de récupérer ces fichiers et de gérer la disparition de certaines parties de notre métier actuel. Certes, cette caméra est encore chère, avec un investissement de 25.000 à 45.000 euros, mais elle va se démocratiser », annonce Pascale Poupart, qui souligne par ailleurs l'importance de s'y intéresser dès à présent. « À peine 1 % de nos 200 clients utilisent cette caméra, mais au moins nous savons le faire. Nous formons nos salariés et nous faisons des réunions d'information sur le sujet auprès de nos clients dentistes », indique la dirigeante.
La conquête de clients Goblet Daumas compte actuellement 200 clients, sur une zone de chalandise qui s'étend jusqu'à Saint-Quentin ou aux Ardennes. « Notre taux de pénétration est de 11 % et nous avons gagné 21 clients depuis le début de l'année. Je vais m'occuper moi-même de la prospection, en recrutant une assistante commerciale à mi-temps », indique la dirigeante. Son objectif est d'atteindre une taille critique, avec un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros : « Il y a 10 ans, le marché comptait 4.500 laboratoires, contre 3.800 aujourd'hui. La concentration va se poursuivre et sachant que 60 % des acteurs sont des TPE de 3 à 5 salariés, il est important que notre développement continue sur sa lancée». Jusqu'à cette taille critique de 3 millions d'euros de chiffre d'affaires, « je peux faire avec le matériel et l'équipe actuels. Au-delà, il faudra embaucher et investir », indique la dirigeante qui précise : « Aujourd'hui nous sommes la 37e entreprise en France dans notre secteur. Une fois les 3 millions d'euros atteints, nous serons dans le top 10. »
Élodie Soury-Lavergne
Ancienne salariée, Pascale Poupart a repris mi 2015 les laboratoires Goblet Daumas, basés à Fourmies.
La dirigeante veut aujourd'hui mettre en oeuvre la révolution numérique au sein de son entreprise, fabricante de prothèses dentaires.