GMS : Qui gagnera la guerre des drives?
# Commerce

GMS : Qui gagnera la guerre des drives?

En retard par rapport à des métropoles comme Nantes ou Lille, le concept du ?drive? (le client commande sur Internet et vient retirer ses courses qu'on lui dépose directement dans le coffre de sa voiture), n'a fait son apparition en Gironde qu'en août2008. L'enseigne Chronodrive, passant par les centrales d'achat de Simply Market et disposant d'infrastructures dédiées uniquement à cette formule, a ouvert le bal. Un premier Chronodrive s'est ainsi installé au Haillan, suivi en août2009 d'un second à Bouliac et d'un troisième, en juin2010, à Pessac. Depuis deux ans, d'autres enseignes de GMS, se greffant sur les magasins existants, ont suivi le mouvement, notamment l'enseigne Casino avec quatre formules drive en Gironde, à Villenave d'Ornon, Pessac, le Bouscat et Saint-André de Cubzac. Six Super U se sont de même lancés dans l'aventure tout comme Intermarché. À l'avenir, deux à trois autres Chronodrive devraient ouvrir sur la métropole, notamment à Bruges.




Une clientèle à conquérir

Leurs objectifs? Conquérir une clientèle pressée notamment des mères de famille qui travaillent, des étudiants adeptes de l'achat via Internet, des retraités souhaitant éviter des charges trop lourdes. L'avantage principal étant le gain de temps. Le client évite de fureter dans les allées du magasin après chaque produit et d'attendre à la caisse. «C'est devenu un moyen de faire ses courses dans l'air du temps, un service que se doivent de proposer désormais les enseignes» résume Marie-José Hay, responsable qualité et hygiène au Super U d'Eysines qui a lancé son drive en août2009. La sauce prend-elle pour autant ? Teddy Motte, directeur du magasin Chronodrive du Haillan, avance, lui, «une courbe exponentielle de clients de 15 à 20% par an qui devrait se poursuivre dans les prochaines années». Le Géant Casino de Saint-André de-Cubzac, ouvert l'été dernier, compte déjà une centaine de clients ?drive? par semaine. «Mais les appréhensions sont tenaces, les personnes préférant voir le produit de leurs propres yeux», confie le responsable drive de l'Intermarché de Castelnau-de-Médoc qui enregistre juste une quinzaine de clients par semaine.




De faibles marges

Bien que plus intéressant dans la gamme e-commerce que le système de livraison, la rentabilité ne serait pas donc pas encore forcément au rendez-vous, certains évoquant des coûts lourds dans l'installation d'un drive, l'embauche de personnel, la gestion informatique du site... «Et ce, même si le panier moyen est généralement plus élevé en drive, près de 120 €, contre 50€ en magasin», note Marie-José Hay du Super U d'Eysines. Les entrepôts dédiés au drive évitant les frais d'hôtesse de caisse, de personnels de rayon et un accès plus rapide aux produits, s'en tirent apparemment mieux. Dans un contexte concurrentiel, tous les critères semblent peser dans la balance. Gratuit chez certaines enseignes, ce service est facturé par d'autres 4€ ou est répercuté sur le prix des produits. La différence se joue de même sur le délai pour récupérer sa commande, pouvant varier de 1h30 chez certains à 24h chez d'autres. La course est lancée également pour augmenter le panel de produits proposés. Chronodrive, qui a démarré avec 3.500 références, en propose aujourd'hui 8.000 et vise prochainement les 10 000. La guerre des drives ne fait que commencer.

# Commerce