Gilles Descamps: «Nous travaillons sur un mobilier urbain totalement recyclable»
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Gilles Descamps: «Nous travaillons sur un mobilier urbain totalement recyclable»



Vous communiquez sur le développement durable et sur l'éthique. Est-ce pour être à la mode?

Non, pas du tout, il ne s'agit pas pour nous d'une mode mais d'un engagement de fond. En 2004, lors du changement radical des procédures du Code des marchés publics, les PME comme nous ont été particulièrement touchées. Nous sommes entrés dans la spirale du moins disant. Sans le savoir en général, les collectivités locales se sont mises à acheter massivement des produits d'importation. Mais finalement, le Code permet de mettre en avant les critères du développement durable et le marché s'est en quelque sorte retourné. Le développement durable sera clairement le critère de sélection pour toutes les collectivités demain.


Comment avez-vous procédé?

Il a fallu tout mettre à plat dans une période qui était pourtant très dure. Nous avons réfléchi à la réduction de notre consommation d'énergie en fabrication, à la mise en place d'une traçabilité de nos produits et à leur recyclage, mais aussi à la gestion des expéditions.


Un vaste programme!

Nous avons commencé par les matériaux. Nous avons travaillé d'une part sur les essences exotiques en sécurisant nos approvisionnements labellisés, d'autre part sur les essences locales. Mais nous avons aussi développé des recherches sur d'autres matériaux comme le chanvre.


C'est pourtant difficile pour une PME de conduire de telles études?

Effectivement, c'est pourquoi nous travaillons depuis peu avec Solvay qui souhaite proposer, dans les 15 ans à venir, un PVC totalement écologique. Nous sommes d'ailleurs trois dans un groupe de travail qui pourra dès avril2009, proposer une filière complète. Nous y travaillons sur l'utilisation d'un mobilier urbain totalement recyclable.


D'autres pistes?

Nous avons depuis longtemps banni les solvants dans la teinture du bois. En collaboration avec un atelier protégé d'Angers, l'ISTA, nous avons ainsi été chercher dès 2002, une technologie développée en Italie. Elle permet de sécher l'eau des teintures en phase aqueuse en deux minutes grâce aux micro-ondes. Nous sommes également entrés l'an dernier dans le programme d'éco-conception des Pays de la Loire, avec l'Ademe notamment, en embauchant un ingénieur qualité en temps partagé. Cela nous a permis de lancer en 2008 un mobilier éco-conçu, de la conception à sa fin de vie, grâce au soutien d'Oséo. Notre système de traçabilité nous permettra d'assurer que les matériels seront bien recyclés.

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