Gérer : Comment rendre mon parc de véhicules plus vert ?

Gérer : Comment rendre mon parc de véhicules plus vert ?

Fiscalité écologique renforcée, hausse du prix des carburants... Tout pousse aujourd'hui les entreprises à rendre leur parc de véhicules plus vert. Encore faut-il savoir comment s'y prendre ! Dossier réalisé par Gilles Cayuela

Le secteur des transports représente aujourd'hui le quart des émissions de CO2 dans le monde (dont 18 % pour les transports routiers). Pour la France, c'est plus du tiers ! Dans ce contexte et compte tenu des orientations prises dans le cadre du Grenelle de l'environnement, la mobilité devient une question centrale du fonctionnement de notre société. L'entreprise n'échappe pas à cette réflexion. Selon le comité des constructeurs français d'automobiles, la France comptait, au 1er janvier 2012, 6,5 millions de véhicules utilitaires en circulation. À ce chiffre, il convient d'ajouter les véhicules particuliers utilisés comme voitures de fonction par les chefs d'entreprise et leurs collaborateurs pour se rendre compte du poids que représentent aujourd'hui les véhicules dans l'entreprise. Poids d'autant plus important que ces véhicules impactent directement le bilan carbone de l'entreprise, mais aussi son compte d'exploitation.












Écologie et économies enfin réconciliées

« L'enjeu n'est pas seulement écologique. Il est aussi économique. Moins on émet de CO2 , moins on consomme de carburant et meilleur c'est pour le portefeuille des entreprises », explique Patrick Coroller, chef du service transport et mobilité de Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Élémentaire, l'équation qui réconcilie habilement l'écologie et l'économie pourrait bien devenir à terme un prérequis de la mobilité en entreprise. « Rendre son parc de véhicules d'entreprise plus vert n'est plus une option, cela devient une nécessité. Depuis le 1er août 2012, nous avons le même bonus écologique pour les entreprises et les particuliers. L'incitation financière et la crainte du malus ont conduit les entreprises à se pencher sérieusement sur la question », constate David Escoffier, chef des ventes de Toyota Sivam, à Saint-Étienne. Entré en vigueur au 1er janvier, le barème 2013 du bonus-malus écologique devrait renforcer cette tendance et chasser progressivement le pollueur-payeur au profit de l'éco-conducteur.




Fiscalité incitative

« L'incitation financière est de plus en plus forte. Les entreprises font aujourd'hui attention à ne pas avoir de malus et si possible à avoir un bonus quand elles achètent un véhicule. Et puis, il y a aussi la taxe sur les véhicules de société (TVS) qui est proportionnelle aux émissions de CO2. Pour un véhicule qui émet 128 g de C02/km, la TVS s'élève à 704 euros. Pour un véhicule qui émet 180 g de CO2/km, on arrive à 3.240 euros. À l'échelle d'une flotte, le différentiel peut rapidement devenir conséquent. Même les loueurs de longue durée qui gèrent la majorité des grandes flottes des entreprises commencent à se mettre au vert et à proposer des véhicules hybrides et électriques », argumente Patrick Coroller. Poussées par une fiscalité incitative et la pression à la hausse du prix des carburants, les entreprises tentent aujourd'hui de trouver des solutions pour réduire leur empreinte écologique et du même coup la facture de leur poste carburant.




Des solutions à moindre coût

À défaut de pouvoir renouveler leur parc pour passer à des véhicules propres, de plus en plus d'entreprises se tournent vers l'éco-conduite. « C'est une solution à moindre coût qui permet d'économiser assez facilement entre 5 et 10 % de carburant », précise Patrick Corroler. Et de poursuivre : « De plus en plus d'entreprises sont aussi attentives à l'optimisation de leur parc. A-t-on réellement besoin d'un Cross-Over alors qu'une petite citadine suffirait ? Est-ce que je n'ai pas trop de véhicules qui "dorment" sur le parking ? Se poser ces questions, c'est déjà faire un effort pour rendre son parc plus vert ». Et puis, il y a les solutions de demain que sont l'autopartage et les biocarburants. Épiphénomènes aujourd'hui, elles ne demandent qu'à grandir et à trouver leurs cibles pour un futur qui roule... plus vert !