Gaz de Bordeaux : À l'assaut de nouveaux territoires
# Production et distribution d'énergie

Gaz de Bordeaux : À l'assaut de nouveaux territoires

2008, année des changements pour Gaz de Bordeaux. L'entreprise locale de distribution du gaz qui a réalisé en 2007 un chiffre d'affaires de 206millions d'euros, est désormais organisée en deux entités: Régaz et Gaz de Bordeaux et a ouvert son capital au leader européen de la commercialisation du gaz, l'italien ENI.

L'année 2008 a été riche de changements pour Gaz de Bordeaux, l'entreprise locale de distribution (ELD) de gaz créée en 1875 qui emploie près de 500 personnes. Elle a en effet été contrainte par la loi d'opérer une séparation juridique entre ses activités techniques de gestion du réseau et ses activités commerciales. Une obligation dont l'entreprise a décidé de tirer profit en se réorganisant et en mettant en place une nouvelle stratégie de développement. Depuis le 1eroctobre, Gaz de Bordeaux qui fournit 46 communes girondines en gaz est organisée en deux entités: Régaz qui est le gestionnaire du réseau de gaz et SAS Gaz de Bordeaux qui est responsable de l'activité commerciale de fourniture du gaz et de services d'installation et d'entretien.




Deux acteurs européens au capital

Régaz est une société d'économie mixte dont les actionnaires sont la ville de Bordeaux (51%), Gaz de France via la Cogac (24%), Dalkia filiale de Veolia (24%), les 1% restants sont répartis entre les collectivités locales, la Caisse d'épargne, la CCI de Bordeaux et les organismes HLM. La société par actions simplifiées (SAS) Gaz de Bordeaux est quant à elle détenue à 66% par la Société anonyme d'économie mixte locale (SAEML) Régaz et à 17% chacun par l'italien ENI, leader de la commercialisation de gaz en Europe et Altergaz, distributeur alternatif français dont ENI contrôle plus du tiers du capital. «Gaz de Bordeaux est la première ELD en France à avoir ouvert le capital de sa filiale de commercialisation à deux acteurs européens de la filière, explique Philippe Le Picolot, directeur général de Régaz et président de SAS Gaz de Bordeaux. Nous tenions absolument à ce que l'actionnaire public reste majoritaire pour garantir le service public mais il nous fallait aussi trouver des partenaires privés qui nous aident à faire face à l'ouverture du marché et à la perte de monopole de la vente du gaz sur notre territoire. De son côté, ENI souhaitait se développer à l'international et notamment sur le marché français. Chacun a donc trouvé son intérêt.» Mais ENI n'est pas seulement devenu actionnaire de Gaz de Bordeaux, l'italien est également devenu l'un de ses fournisseurs. Une petite révolution pour l'entreprise qui travaillait jusqu'à présent exclusivement avec Total.




Changement de fournisseur

«Il ne se montrait pas très souple en terme de négociation des prix, précise Philippe Le Picolot. Dès mon arrivée en 2006, j'ai décidé de mettre en compétition différents fournisseurs. Nous avons lancé un appel d'offres pour 5 Md dem³ de gaz. ENI s'est montré très compétitif.» Depuis le 1erjuin, Gaz de Bordeaux s'approvisionne donc en gaz pour moitié auprès du géant italien. Les 50% restants sont fournis par Gaz de France. «L'entrée de Gaz de France dans le capital de la filiale commerciale a un temps été envisagée, explique le président de SAS Gaz de Bordeaux, mais à cette période, l'entreprise était en pleine fusion avec Suez et elle a jugé que ce n'était pas le bon moment.» Pour Gaz de Bordeaux, le choix d'ENI à la fois comme actionnaire et fournisseur présente un double intérêt. «Cela nous assure une sécurité d'approvisionnement, ajoute Philippe Le Picolot, car si ENI travaille avec Gazprom, Sonatach, les Pays-Bas et la Norvège, il possède aussi ses propres forages. Cette collaboration va nous permettre d'acheter la matière première à un meilleur prix et d'initier une stratégie de développement ambitieuse.»

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