Âgés de 28 et 35 ans, Matthieu Régnier et Gauthier Vignon sont deux entrepreneurs en passe de bousculer le jeune marché de l'impression 3D. À la tête de la start-up roubaisienne Dagoma, ils commercialisent depuis près d'un an une imprimante 3D à partir de 299 euros (modèle en kit) ou 399 euros (modèle monté). Ils proposent également un produit à 2.399 euros, permettant de faire de plus grosses pièces, en utilisant plusieurs couleurs.
L'idée
Les deux associés se sont rencontrés en Chine, où ils travaillaient pour le groupe Adeo. Ingénieurs de formation et animés par une même passion d'entreprendre, ils ont tenté ensemble une première aventure, en cherchant à créer un vélo pliable. « En nous équipant d'une imprimante 3D pour réaliser certaines pièces du vélo, nous nous sommes aperçus qu'il y avait un marché pour l'impression 3D », sourit Gauthier Vignon, président de Dagoma. De retour en France, ils créent la start-up Dagoma en juillet 2014 avant de lancer, début 2015, la commercialisation de leurs premières imprimantes. Et c'est un succès. « En un an, nous sommes passés de zéro à 1.200 machines vendues et de deux associés, seuls, à une société de 25 personnes », indique le dirigeant. La start-up a réalisé un chiffre d'affaires de 400.000 euros sur son premier exercice, avec une clientèle composée à 80 % de particuliers. Si le modèle fonctionne, c'est que les deux dirigeants ont eu l'idée d'imprimer eux-mêmes en 3D les pièces plastiques nécessaires à la fabrication de leurs imprimantes, réalisant ainsi une économie significative.
Le concept
Dagoma propose aujourd'hui des imprimantes 3D parmi les moins chères du marché français. « Le fait que nous soyons moins chers, ce n'est que le résultat. L'idée de départ, c'était de trouver le bon prix. C'est à 300 euros que les imprimantes laser ont fait un jour leur entrée dans les foyers. Au-dessus de ce prix, on ne peut pas démocratiser », explique Matthieu Régnier, co-dirigeant.
Les perspectives
Pour 2016, la start-up vise un chiffre d'affaires de 5 à 6 millions d'euros. « Nous sommes à l'équilibre, sauf durant les grosses phases d'accélération, qui se traduisent pour nous par du recrutement », affirme Gauthier Vignon. La prochaine accélération devrait intervenir très prochainement, les dirigeants étant à la recherche de fonds. « Nous voudrions lever entre 3 et 5 millions d'euros », indique Matthieu Régnier. Une somme qui doit permettre à Dagoma de grandir en termes de volumes, de se diversifier et de recruter. « Le marché de l'impression 3D se structure. Nous ne sommes plus dans les prémices mais dans les starting-block », commente Matthieu Régnier.
Les projets
Distribuées à 83 % en direct et, pour le reste, via une vingtaine de partenaires, les imprimantes 3D de Dagoma s'apprêtent à faire leur entrée dans les rayons de Boulanger. Une autre imprimante doit aussi être bientôt lancée : plus design, elle sera vendue aux alentours de 500 à 600 euros. Enfin, la start-up s'apprête à commercialiser un nouveau filament fabriqué à partir de plastique 100 % recyclé, un sujet que les dirigeants ont à coeur de continuer à développer.
A propos de Dagoma