Depuis dix ans, l'association Garonne Emploi cherche à répondre aux problématiques des entreprises liées à l'embauche. Comme les 400 Groupements d'Employeurs (GE) recensés en France, cette association n'est ni une agence d'intérim ni un cabinet RH. C'est une initiative privée qui fédère des entreprises adhérentes. Pour Garonne Emploi, le regroupement est multisectoriel et compte 35 entreprises de 3 à plus de 1.000 salariés. L'association leur permet de se décharger du recrutement et de la gestion RH, notamment pour les embauches à temps partiel ou saisonniers. L'intérêt par rapport à l'intérim ? Se regrouper pour partager du personnel que les entreprises seules n'auraient pas pu recruter directement. En maillant les besoins complémentaires de deux ou trois entreprises, le groupement peut recruter en CDI des compétences qui travaillent en temps partagé. Une quarantaine de salariés sont embauchés par l'association.
Le GE, concept d'actualité
Le secrétaire général du groupe Étienne Lacroix (à Muret) Bruno Houllier s'implique bénévolement dans ce GE parce qu'il est convaincu de son efficacité et milite pour son développement. Le groupement d'employeurs ne bénéficie d'aucune subvention et revendique son indépendance. Il s'autofinance avec les adhésions et la facturation des mises à disposition. Les politiques se penchent sur la question aujourd'hui : un séminaire de promotion des Groupements d'Employeurs est prévu le 7 mars prochain à Paris. Les ministres du travail et des finances devraient être présents. Des chefs d'entreprise, des réseaux de chefs d'entreprise, des syndicats, des chambres consulaires, des institutionnels et des GE assisteront à cette réunion. Un rendez-vous qui pourrait mettre en avant les Groupements d'Employeurs.
Un facilitateur d'embauche pour l'industrie locale
Bruno Houllier projette une nouvelle avancée pour l'association Garonne Emploi : la création d'un GEIQ (groupement d'employeurs d'insertion et de qualification) dédié au secteur de l'industrie. « Il s'agit d'aider les entreprises qui sont dans des métiers sous tension tels que la supply chain, les méthodes, la maintenance, des métiers pointus qui nécessitent une formation spécifique. » La nouvelle entité de Garonne Emploi, dénommée pour le moment GEIQ Industrie 31, sera spécialisée dans la qualification sur ces métiers et permettra aux TPE ou PME d'embaucher des jeunes plus facilement, et en apprentissage.
Cinquante apprentis par an
Les entreprises de 4 à 5 millions d'euros de CA sont dans le collimateur. Ce sera le GE qui se chargera du recrutement, de la formation (via l'éducation nationale, l'Afpa ou autres...) et du suivi de l'apprenti. Les premières sessions devraient commencer en septembre prochain avec sept à dix candidats. Une nouvelle session est prévue tous les ans avec une cinquantaine de jeunes pris en charge. Selon Bruno Houllier, « l'apprentissage est la meilleure réponse pour ces entreprises, il faut absolument faire évoluer ce procédé dans notre pays. »
Juliette Jaulerry
ressources humaines. Le groupement d'employeurs Garonne Emploi prévoit la mise en place d'un dispositif d'aide au recrutement et à l'embauche pour l'industrie.