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FrenchTech : Le Mabilay, totem rennais ?
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FrenchTech : Le Mabilay, totem rennais ?

Officiellement déposée le mois dernier et toujours à l'étude, la candidature rennaise au fameux label des villes numériques a été revue, en intégrant un bâtiment phare.

C'est finalement le 3 octobre que Rennes a officiellement déposé son ultime dossier corrigé en vue de l'obtention du sésame « French Tech ». Le verdict devrait tomber d'ici au 5 décembre et la visite à Rennes d'Axelle Lemaire, secrétaire d'État en charge du numérique. Cet été, une délégation parisienne s'était rendue dans la capitale bretonne pour un point d'étape. Le premier dossier déposé avait alors été passé au crible et des points d'amélioration soulevés. Si la candidature rennaise paraît naturelle pour les Bretons, elle avait quelque peu surpris le jury étonné de constater la richesse du tissu numérique breton qu'on n'attendait pas, d'après un proche du dossier. La candidature n'en demeurait pas moins perfectible.




Des points noirs corrigés

Très avancée sur le mode de gouvernance et le futur pilotage par sa Cantine numérique, Rennes pêche encore par le manque de financements, notamment en amorçage, régulièrement dénoncé par ses start-up. Mais des initiatives se multiplient, notamment les accélérateurs comme le Booster de la Cantine numérique, #LeBureau sur le campus de Ker Lann, MVcube (Mediaveille) à Saint-Grégoire ou encore le futur incubateur de la Fabrique de Digitaleo. Restait aussi à convenir d'un « bâtiment-totem » exigé par le jury. Dans le dossier rennais, apparaît un bâtiment phare jusqu'alors non identifié comme tel. Rennes a choisi le quartier de la Mabilais, ancien site de France Telecom rebaptisé, par le promoteur OTI, Le Mabilay et emblématique, pour répondre au cahier des charges. Mais rien n'est encore signé avec le propriétaire des lieux, Jean-Paul Legendre. Selon nos informations, les négociations ont déjà fait l'objet de plusieurs allers-retours entre les deux parties, sans accord. Rennes va donc un peu vite en besogne affirmant même noir sur blanc que « l'aile du NewWay-Mabilais dédiée à la French Tech Rennes sera habillée à ses couleurs et visible à l'extérieur ». Le dossier évoque une aile sud-ouest « complète »... Les discussions portent en réalité sur la location ou l'achat d'un rez-de-chaussée et d'un étage, voire deux, tout au plus. On se souvient qu'un premier bâtiment, plus proche de la gare, avait été identifié mais les discussions n'avaient pu aboutir à cause d'un désaccord entre les deux propriétaires, la chambre de métiers et le groupe immobilier Giboire. Le choix politique ambitieux et assumé vis-à-vis de ce nouveau site rennais hautement symbolique est pertinent, puisqu'au-delà de son histoire lié aux télécoms, il est actuellement en pleine réhabilitation et des enseignes prestigieuses y ont déjà élu domicile : RégionsJob et Infotel. Ces arguments suffiront-ils ? Une première vague de labellisations devrait intervenir ce mois-ci. « Il vaut mieux être dernier de la première vague que premier de la deuxième vague... », observe ce confident proche du dossier.




« Une clé »

Le dossier rennais prend aussi en compte la diversité du tissu numérique sur le territoire. Ce n'est plus seulement la candidature d'une ville unique, mais celle décomplexée de cités numériques partenaires Rennes - Saint-Malo. « Ce label est une clé pour faire partie de l'équipe de France du numérique », résume Yann-Yves Le Goffic, directeur de Rennes Atalante.



Géry Bertrande

Rennes