Décidément, en Normandie la réunification est dans l'air du temps ! Sur le front du numérique, les agglomérations de Caen, Rouen et Le Havre ont décidé de faire candidature commune pour l'obtention du label French Tech initié et piloté par le ministère de l'Industrie. Une initiative qui devrait porter ses fruits puisque, selon toute vraisemblance, le Comité French Tech, dont une délégation doit se rendre à Rouen dans le courant du mois d'avril, serait sur le point de valider le dossier Normandy French Tech.
« On était légers en termes de start-up »
L'idée un temps avancée d'un dossier rouennais a fait long feu. « On était légers en termes de start-up », reconnaît un proche du dossier. Au final, les recommandations du ministère de faire cause commune avec Caen, notamment, ont été entendues. Les trois agglos normandes ont donc décidé de s'unir pour mieux atteindre « la taille critique » et ainsi répondre aux exigences du label. Une équipe a été constituée à l'automne pour assurer la synthèse de leurs dossiers respectifs : Anne-Sophie Nollet et Dominique Lemoine pour la Métropole Rouen Normandie ; Pierre-André Martin pour Caen la Mer ; et Audrey Vrac pour la Codah. Autour d'eux se sont retrouvés les acteurs normands du numérique. Des Caennais, des Rouennais et des Havrais qui se sont découverts... « beaucoup de points communs », témoigne Mounir Megherbi (6bles), membre toujours très actif de la filière Normandie Web Xperts (#NWX) elle-même très impliquée sur ce dossier.
Soget, Soyhuce et Creative Data en porte-étendard
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Désormais, pour que le dossier « encore un peu trop institutionnel » aboutisse, il faut que les entreprises locales donnent de la voix. Trois d'entre elles, emblématiques de leur territoire, ont aujourd'hui ce rôle de porte-étendards : Soget au Havre, Soyhuce à Caen et Creative Data à Rouen. « Notre premier rôle est de donner l'exemple et d'aider l'éco-système normand », explique Pascal Ollivier, directeur du développement de Soget. Une PME spécialiste de l'informatique portuaire qui développe un guichet unique portuaire et est aujourd'hui très présente à l'international. Un cas de figure assez unique au Havre et au-delà en Normandie qui cadre parfaitement avec les exigences du label French Tech : « l'esprit de l'initiative lancée par Fleur Pellerin (ex-secrétaire d'État au Numérique) en janvier 2014, c'est d'accélérer le développement des start-up en France et à l'international », résume le dirigeant, également Conseiller du commerce extérieur.
L'appel aux grands patrons
« C'est inscrit dans le cahier des charges : nous devons mettre sur pied un accélérateur qui dispose de fonds pour aider ces start-up à grandir ». Pour répondre en partie à cette problématique, les promoteurs du dossier normand ont imaginé la création de « Normandy Tech40 ». Une initiative qui consiste à solliciter les dirigeants des quarante plus importantes sociétés implantées sur le territoire « pour qu'ils s'engagent à consommer des produits et des services développés par nos start-up ; qu'ils acceptent de les porter à l'international ; et surtout qu'ils y investissent en assumant leur responsabilité de grande entreprise du territoire », détaille Pascal Ollivier. « L'objectif affiché est de parvenir à négocier une quinzaine d'engagements de ce type avant la fin de l'année ».
La diaspora Normande à l'oeuvre
Autre enjeu de taille : faire rayonner à l'international ces start-up locales. Pascal Ollivier suggère pour cela de faire appel « à la diaspora normande ». « Elle existe mais elle est méconnue », assure cet habitué des décalages horaires. « L'idée est de répertorier ces Normands qui ont la Normandie dans le coeur et de les impliquer dans le financement des start-up normandes du numérique ». Le dossier normand, dévoilé le 11 mars dernier à Caen, pourrait donc rejoindre prochainement les neuf métropoles labellisées en 2014.
Guillaume Ducable
Une délégation du Comité French Tech est attendue à Rouen dans le courant du mois d'avril.
Le dossier commun entre Caen, Rouen et Le Havre pourrait être validé avant l'été.