French Tech Côte d'Azur : Transformer l'essai

French Tech Côte d'Azur : Transformer l'essai

Le 26 septembre, les représentants de la mission French Tech viendront dans les Alpes-Maritimes auditer la candidature de la Côte d'Azur à la labellisation French Tech. Un rendez-vous crucial qui dément à lui seul la rumeur d'un dossier retoqué par Paris.

Elle court, elle court, la rumeur. Le dossier de précandidature azuréen à la labellisation French Tech déposé le 11 juin dernier aurait été retoqué. Interrogé à ce sujet, Jacques Lesieur, directeur de l'agence Team Côte d'Azur, coordinatrice de la candidature French Tech Côte d'Azur (FTCA), répond, catégorique : « C'est faux ! Le prochain audit du dossier par la mission French Tech prouve qu'on est toujours dans la course. Ce genre de dossier se forme par itérations successives. Les réglages font partie du processus et se poursuivront jusqu'au dépôt de la version finale, prévu à la fin de l'année. » Et l'homme de s'interroger : « Pourquoi doit-on à chaque fois se tirer une balle dans le pied ? Cette candidature est le parfait contre-exemple des querelles de clocher qui ont laissé échapper d'autres initiatives à ce territoire qui en toute logique devait les obtenir. » Un passif qui a très certainement nourri la rumeur. Sauf que, une fois n'est pas coutume, Nice, Sophia, Cannes et Grasse ont fait cause commune pour donner au territoire azuréen toutes les chances d'obtenir cette labellisation qui, le cas échéant, le placera parmi les meilleurs écosystèmes numériques français. Avec tout ce que cela suppose en terme d'attractivité et de visibilité. « Nous avons depuis avril réussi à recréer une dynamique, non plus pilotée par les institutionnels, mais

par les entrepreneurs eux-mêmes, reprend Jacques Lesieur. Certes le temps consacré au foisonnement, à l'expression des spontanéités pour structurer et fédérer une communauté du numérique, qui contrairement à d'autres territoires ne l'était pas, nous a quelque peu décalés par rapport aux dossiers concurrents. Mais nous sommes dans le bon tempo. L'important c'est l'élan, et que les entrepreneurs préservent cet élan. »




Le calendrier s'accélère

Début septembre, la version 2 du dossier sera transmise au ministère. À la manoeuvre, pas de grands cabinets mandatés, mais Team et le comité de direction FTCA, en lien direct avec le référent nommé par David Monteau, le monsieur French Tech. Elle s'attachera à préciser le projet du territoire, et notamment ces fameux accélérateurs de start-up qui bénéficieront des 215 M€ mis sur la table par le gouvernement dans le cadre des investissements d'avenir. Si le silence est de mise sur le sujet - « on pourra annoncer des choses sérieuses au cours du dernier trimestre » -, le Fonds Entrepreneurial 06 porté par Georges Dao et l'incubateur privé de l'ESN Sophia Conseil, dirigée par Vincent David, sont sur les rangs. « Parmi d'autres. » Puis interviendra la mission d'audit, programmée le 26 septembre. Une journée durant laquelle l'équipe French Tech rencontrera toutes les parties prenantes du dossier azuréen, dont les entrepreneurs emblématiques pour des entretiens en face à face. Elle visitera également les bâtiments totems, ces sites dédiés aux start-up du numérique, en nombre sur le territoire. On peut déjà citer le CEEI Nice Côte d'Azur, le Business Pôle de Sophia Antipolis, la pépinière de l'image de la Bastide Rouge à Cannes et l'espace Jacques Louis Lions de Grasse. Une fois ce cap franchi, le dossier sera une nouvelle fois affiné, avant d'être déposé en fin d'année devant le comité de labellisation. « Je suis confiant, pas béat, mais confiant », assure Jacques Lesieur, avant de conclure en citant André Gide : « Il est des choses qui ne paraissent impossibles que tant qu'on ne les a pas tentées. » A bon entendeur...