French Tech : Aix-Marseille, premier de cordée

French Tech : Aix-Marseille, premier de cordée

LABELLISATION. Aix-Marseille est le premier territoire à adresser son dossier de candidature finalisé au ministère de l'Economie numérique.

L'aire urbaine d'Aix-Marseille n'a pas tous les jours un profil de premier de la classe. Alors quand c'est le cas, autant le faire savoir. Ainsi, les représentants des villes d'Aix et Marseille, de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) et de la communauté d'agglomération du Pays d'Aix (Capa) n'ont pas boudé leur plaisir, le 23 septembre au Palais du Pharo à Marseille, à l'heure de présenter officiellement la candidature du territoire au label "French Tech". « Nous avons déjà gagné puisque nous étions le 1er candidat et nous sommes le 1er dossier finalisé », s'est même risquée la maire d'Aix, Maryse Joissains au sujet de cette course dans laquelle sont engagées de nombreuses métropoles françaises. Une confiance qu'elle fonde sur le poids du passé. « Chaque fois que ce territoire a été uni, comme pour Iter ou la Capitale européenne de la Culture, on s'est imposé et on a réussi ». Mais si cette candidature est placée sous le signe de l'unité, il ne faut cependant pas y voir un ralliement à la métropole de celle qui est également présidente de la Capa. « Nous sommes unis dans une nécessaire complémentarité et nous allons réussir dans nos différences, nos spécificités et nos traditions ». Et de témoigner de ses espoirs pour « un grand projet en gestation » qui s'inscrit à ses yeux « dans une hypothèse privé-public ». « Le public va se contenter de soutenir la démarche et le privé fera le reste », résume-t-elle.




Une "dream team" d'entrepreneurs

L'originalité de la candidature d'Aix-Marseille est ainsi de mettre en première ligne les 9 porteurs de projets candidats à la labellisation " French Tech " qui vise à booster le développement des start-up numériques françaises. Aix comptera deux représentants au sein de cette "dream team" selon le terme employé par Guy Teissier, le président de MPM : Denis Philippon, P-dg de voyageprivé.com et Frédéric Chevalier, président fondateur d'High Co, le groupe de solutions marketing pour la grande distribution, qui souhaite implanter sur le technopole de l'Arbois un campus d'innovation lié à la ville intelligente baptisé "The Camp". On retrouve également dans ce casting Jaguar Network, data center à très haut débit basé à Marseille, Gemalto, le leader mondial de la technologie sans fil implanté à Gémenos, ou encore la société TelFrance, premier producteur de fiction prime-time de France (Les Cordier, Plus belle la vie), qui souhaite installer au Pôle Média de la Belle de Mai un studio de motion capture et d'effets spéciaux. « Nous manifestons notre enthousiasme et notre solidarité avec cette candidature French Tech car nous avons le sentiment que c'est sur le territoire, le début de quelque chose », souligne François Creton, secrétaire général de "The Camp", qui représentait Frédéric Chevalier. Au nom du maire de Marseille Jean-Claude Gaudin retenu par la campagne des Sénatoriales, Daniel Sperling, adjoint au maire délégué à l'innovation et au développement par le numérique, insiste pour sa part sur « la légitimité » de la candidature d'Aix-Marseille, un territoire qui compte « 40.000 emplois dans le numérique, soit autant que dans la filière portuaire et le tourisme ». Et Guy Teissier de rappeler les grands objectifs poursuivis dans cette course à la labellisation. « Elle nous apporterait une lisibilité. Au niveau national, il y a également un budget de 15 M€ pour une campagne internationale auquel s'ajoute un fonds d'investissements de 200 M€. Et cela participerait au renforcement de notre rayonnement international ». Après l'envoi du dossier ce 23 septembre, une équipe internationale, nommée par le ministère de l'Économie numérique, va désormais évaluer les dossiers de candidature. Une quinzaine de territoires au maximum obtiendra la labellisation, le verdict étant attendu pour la fin du mois d'octobre.